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September 07 L'Empire romain responsable du sida?Les Romains ne nous ont pas apporté que les routes, les aqueducs et les discours de Cicéron, ils ont aussi diminué notre résistance naturelle au virus VIH responsable du sida. C’est la conclusion à laquelle est parvenue une équipe de biomathématiciens du LATP-CNRS de Marseille qui publiera prochainement ses résultats dans la revue scientifique «Infection, Genetics and Evolution». CCR5 muté, VIH entravé Plusieurs études ont déjà montré qu’une mutation particulière du gène CCR5 procure une meilleure résistance au virus VIH. Même si cette protection n’est pas absolue, la présence de cette mutation (CCR5-delta32) diminue le risque d’être infecté et ralentit la progression de la maladie. L’analyse de la répartition géographique de CCR5-delta32, a par ailleurs mis en évidence que cet allèle est assez fréquent dans le nord de l’Europe et de plus en plus rare quand on descend vers le sud. Ainsi, plus de 15% des Baltes et des Scandinaves en sont porteurs, contre 12,3% des Bretons et à peine 3% des Corses. L’ombre de l’Empire Selon Eric Faure et Manuela Royer-Carenzi, cette répartition reflèterait en fait celle de la conquête romaine. En effet, en analysant l’ADN de 19.000 Européens, les deux chercheurs ont pu vérifier que les régions européennes où la fréquence de CCR5-delta32 est la plus faible sont celles qui ont été contrôlées par l’Empire romain; plus on s’éloigne du limes, plus l’allèle devient fréquent. «Les travaux sur l'ADN fossile de l'âge du bronze et du néolithique indiquent que la fréquence de l'allèle muté CCR5 était très élevé dans les populations européennes, probablement supérieur à 10%», précise Eric Faure à 20minutes.fr «Le gradient actuel de fréquence pourrait s'expliquer par un changement de la fréquence ancestrale à partir du sud dû à l’extension de l’Empire romain.» Bref, il semble que la présence des Romains a éradiqué une protection ancestrale (mais à l’époque inutile) contre le sida. Protection ancestrale Selon Faure, ce phénomène n’est pas dû à un génocide ou à une colonisation intensive pratiquée par les Romains. «Les flux de gènes en provenance des Romains ont été négligeables, donc l'effet était indirect.» Le chercheur pense plutôt que les légions et les colons romains ont apporté avec eux des agents infectieux dont la mutation CCR5-delta32 aggravait la virulence: l’allèle est devenu de plus en plus rare car les indigènes qui en étaient porteurs ont été décimés par les maladies véhiculées par les Romains. «En effet, on sait que si cette mutation protège du VIH, elle a un effet délétère chez les porteurs lors des infections par d'autres virus, notamment le West-Nile Virus.» Trichet voit l'économie de la zone euro repartir en 2009L'économie de la zone euro devrait commencer à se redresser l'an prochain, a estimé samedi Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne. "On aura touché le fond aux deuxième et troisième trimestres", a-t-il pronostiqué lors d'une interview donnée à la Rai, la télévision publique italienne. "Pour 2009, nous prévoyons une reprise progressive". L'interview, traduite en italien, a été donnée en marge d'une conférence près de Cernobbio, au bord du Lac de Côme en Italie. Le produit intérieur brut de la zone euro s'est contracté de 0,2% au deuxième trimestre, sa première baisse depuis la création de la monnaie unique il y a 10 ans. Mercredi, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, avait parlé d'un sévère ralentissement économique mais cela n'a pas empêché la BCE de maintenir son taux directeur inchangé à 4,25% le lendemain. Christine Lagarde prudente sur les objectifs de déficit publicLa France pourrait revoir ses objectifs d'un déficit public ramené à 2,5% du produit intérieur brut cette année et 2% l'an prochain, a laissé entendre Christine Lagarde samedi. La ministre de l'Economie, qui répondait aux questions de Reuters en marge d'une conférence à Cernobbio, sur les bords du lac de Côme, a cependant réaffirmé la volonté du gouvernement de maintenir les déficits publics sous les 3% du PIB, limite fixée par le Pacte de stabilité de l'euro. "Ma conviction est que nous devons rester sous ce seuil des 3%, c'est un engagement de long terme qu'on a pris", a-t-elle dit. Mais elle s'est montrée plus prudente sur les objectifs pour 2008 et 2009, alors que le gouvernement reconnaît depuis le début du mois que la croissance du PIB sera de tout juste 1% cette année. Les nouveaux objectifs macro-économiques seront connus au plus tard le 24 septembre, lors de la présentation du projet de budget 2009. Le budget 2008 avait été bâti sur une hypothèse de croissance de 2,0-2,5% et, pour 2009, le scénario retenu était une hausse du PIB de 2,0% en milieu de fourchette. Parallèlement, le gouvernement entendait ramener à 2,5% puis 2,0% le déficit public, qui a atteint 2,7% du PIB en 2007. "Clairement, à la lumière des conditions économiques, nous revoyons chaque chiffre. Nous regardons tous les chiffres, c'est notre boulot", a déclaré Christine Lagarde à Reuters. Pour autant, a-t-elle souligné, "nous restons extrêmement fermes et disciplinés pour maintenir nos dépenses au plus bas niveau possible". LA BONNE NOUVELLE DE L'EURO Elle a ainsi réaffirmé l'objectif d'un maintien des dépenses en volume et rappelé que l'introduction d'un budget triennal, à partir de cet automne, devrait conduire à une approche "plus disciplinée" de ces questions. Le gouvernement a pour objectif de parvenir à l'équilibre des finances publiques à l'horizon 2012 mais le ralentissement économique, en limitant les recettes fiscales et en augmentant les dépenses de solidarité, complique sérieusement sa tâche. Christine Lagarde a en revanche un motif de satisfaction avec la baisse de l'euro, qui apporte une bouffée d'oxygène aux entreprises exportatrices. "Le réajustement qui s'est opéré ces dernières semaines est bénéfique", a estimé la ministre, en refusant toutefois de se prononcer sur le niveau de la monnaie unique. "Il est difficile de dire si les devises sont à un niveau juste ou pas", a-t-elle dit. "Cela reflète aussi bien l'offre et la demande que la vigueur de nos économies." "Mais clairement, le fait que le dollar se renforce face à l'euro est une bonne chose pour la compétitivité de nos entreprises, en particulier celles qui exportent hors de la zone euro". Conséquence du ralentissement économique en Europe et d'ajustements de positions de long terme, l'euro est retombé sous 1,43 dollar après avoir culminé à 1,60 à la mi-juillet. Egalement présent à Cernobbio, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a dit s'attendre à une reprise progressive de l'économie de la zone euro en 2009. "On aura touché le fond aux deuxième et troisième trimestres", a-t-il pronostiqué lors d'une interview à la Rai. Le PIB de la zone euro s'est contracté de 0,2% au deuxième trimestre, une première depuis la création de la monnaie unique il y a 10 ans. September 06 La Poste rêve d'une introduction en Bourse d'ici 2011Jean-Paul Bailly, président de La Poste, a fait parvenir au gouvernement un argumentaire défendant son projet d'ouverture du capital et espère une introduction en Bourse d'ici 2011, rapporte Le Monde dans son édition datée du 7 septembre. Ce dossier d'une dizaine de pages - qui vaut saisine officielle de l'Etat - se trouve désormais entre les mains de Luc Chatel, secrétaire d'Etat à l'Industrie, et de Christine Lagarde, ministre de l'Economie, ajoute le quotidien. "L'opérateur postal y dévoile son schéma idéal : une transformation en société anonyme assortie d'une ouverture du capital par augmentation de ce capital et non par cession de titres", précise-t-il. La Poste avait annoncé le 28 août qu'elle demanderait au gouvernement un changement de statut afin de pouvoir lever des fonds et faire face à la libéralisation totale du marché européen du courrier qui interviendra en 2011 . Jean-Paul Bailly avait alors évoqué un montant de 2,5 à 3,0 milliards d'euros pour l'augmentation de capital. Selon Le Monde, cette somme représenterait jusqu'à 30% du capital de La Poste au vu d'une valeur estimée de quelque 10 milliards d'euros. S'agissant des modalités, "La Poste a étudié diverses pistes (...) mais elle donne sa préférence à une introduction en Bourse", explique le quotidien. Les dirigeants du groupe postal y voient en effet plusieurs avantages : la possibilité de mobiliser les trois milliards d'euros escomptés, la liquidité à tout moment, l'appel à un vaste actionnariat populaire aux côtés d'investisseurs institutionnels, la possibilité de mettre en place une augmentation de capital réservée aux salariés, détaille-t-il. De plus, l'introduction en Bourse permettrait à l'Etat, s'il le souhaite, de participer "même de manière limitée" à l'augmentation de capital pour marquer son soutien et sa confiance, ajoute Le Monde, en notant que la Caisse des dépôts et consignations pourrait aussi acquérir une petite part. "Pour le groupe dirigé par M. Bailly, l'enjeu des mois à venir sera de convaincre l'opinion qu'en dépit de l'histoire économique récente, ouverture du capital ne signifie pas forcément privatisation", souligne le journal, pour qui "l'effort de pédagogie s'annonce pour le moins délicat" auprès de l'opinion publique et des 300.000 postiers. La Constitution interdit de privatiser un service public national et La Poste, répète à l'envi son état-major, entend rester une société publique majoritairement contrôlée par l'Etat. Le gouvernement américain va nationaliser les sociétés de crédit hypothécaire Fannie et FreddieLes sociétés de crédit hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac pourraient être rachetées par le gouvernement américain ce week-end, une opération destinée à sauver le marché immobilier du risque de faillite de ces deux géants, a appris Associated Press vendredi soir. Tous les détails de l'opération, qui va coûter des milliards aux contribuables, ne sont pas connus, mais les départs des dirigeants des deux sociétés est prévu, selon la même source informée. Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, le secrétaire au Trésor Henry Paulson et le principal régulateur des deux organismes, James Lockhart, ont rencontrés vendredi les dirigeants des deux sociétés, et les ont informé du projet du gouvernement de prendre le contrôle des deux entités, à titre conservatoire. La nouvelle, d'abord donnée par le site Web du Wall Street Journal est parue après la fermeture des marchés. Elle fait suite à un rapport de l'association des banquiers du crédit hypothécaire qui estimait qu'à la fin juin, plus de 4 millions de propriétaires ayant contracté une hypothèque sur leur bien immobilier, soient 9% du total, étaient en retard dans leurs paiements ou incapables de rembourser. Cela vient confirmer les soupçons des investisseurs. Les difficultés du marché hypothécaire sont passés aux propriétaires de logements qui disposaient d'un crédit solide mais ont réalisé des prêts hasardeux sans qu'on leur ait demandé de prouver leur capacité à rembourser. Freddie Mac et Fannie Mae garantissent ensemble quelques 5000 milliards de dollars (3504 Mds d'euros) de prêts immobiliers. September 05 Les autorités américaines se penchent sur le dangereux «enthousiasme» de certains courtiersDeux brokers radiés à Boca Raton, deux anciens du Credit Suisse inculpés à New York, l'heure est à la moralisation ARS, CMO, Municipal bonds, ces produits dérivés et tant d’autres, indexés sur des titres de prêts immobiliers, sur les taux d’intérêt ou des matières premières, retiennent l’actualité non plus financière mais judiciaire. Dernier épisode en date, hier, aux Etats-Unis, l’autorité de régulation de l’industrie financière, la Finra, a annoncé avoir radié deux courtiers qui travaillaient dans une filiale à Boca Raton (Floride) de la firme de courtage aujourd’hui disparue, Samco Financial Services. Un troisième courtier a, quant à lui été suspendu pour deux ans. Ils sont accusés d’avoir abusé de la confiance de leurs clients en leur ayant vendu des produits complexes, des titres adossés à des prêts immobiliers, des CMO (collateralized mortgage obligations), fortement risqués et volatils. Dès 1993 la Finra, ex-NASD avait alerté sur la sophistication de CMO qu’elle ne conseillait qu’aux investisseurs opérant qu’avec une haute prise de risques. La Finra reproche aux courtiers justement d’avoir prodigué des conseils inappropriés à au moins trois clients qui auraient perdu ensemble plus de 500.000 dollars. Mais l’actualité est toujours tournée vers les ARS (auction-rate securities). Comme nous l’indiquions, après les banques, c'est au tour des maisons de courtage d’être concernées par les différentes enquêtes sur la vente d'ARS, qui ont débuté fin juillet. Bien que l’affaire soit américaine, c’est encore la réputation des banques suisses qui a souffert ces derniers jours. La SEC a annoncé mercredi avoir engagé des poursuites pénales et civiles pour escroquerie et fraude contre deux anciens courtiers de Credit Suisse, accusés d'avoir trompé leurs clients en leur vendant des produits d'investissements maquillés pour mieux correspondre à leurs attentes. La SEC les accuse d'avoir acheté «sans autorisation pour plus de 1 milliard de dollars de titres liés aux crédits immobiliers à risque» et «d'avoir floué leurs clients en leur faisant croire» que ces titres étaient un investissement «liquide et sans risque» alors qu'ils étaient employés dans une division de Crédit Suisse Securities à New York, spécialisée dans la gestion des excédents de trésorerie des entreprises. Ils risquent jusqu'à vingt-cinq ans de prison chacun et plus de 5 millions de dollars d'amende. Dans l’affaire des ARS, huit banques dont six américaines ont convenu de racheter 70 milliards de dollars d’ARS à leurs clients, pour éviter des poursuites judiciaires. Lehman Brothers envisagerait de raviver le modèle « Good Bank-Bad Bank »Selon Bloomberg, la banque d’affaires pourrait placer 32 milliards de dollars d’actifs hypothécaires dans une nouvelle société séparée du groupe Sur tous les fronts. C’est la position que semble tenir Lehman Brothers en ce moment, l’établissement multipliant les contacts et les plans pour s’en sortir. Après les intérêts de BlackRock, KKR et Carlyle pour l’achat d’une participation dans le groupe, Bloomberg a révélé hier soir, à l’aide de deux sources proches du dossier, que la banque d’affaires envisagerait de placer 32 milliards de dollars d’actifs hypothécaires et autres titres immobiliers dans une nouvelle entité. Celle-ci serait ensuite séparée du reste du groupe, ressuscitant de fait l’ancien modèle de «Good Bank-Bad Bank» utilisé lors de la crise des années 1980. Surnommée «Spinco», la société ainsi créée serait dotée de 8 milliards de dollars d’actifs en provenance de Lehman Brothers. Spinco, dont le capital serait détenu par les actionnaires de la banque d’investissement, emprunterait alors le reste soit à la banque soit à des investisseurs extérieurs. Michael Bleier, un avocat qui avait conseillé Bank Mellon sur une pratique similaire en 1988, explique que ce type de modèle «peut aider les banques à se recentrer sur leur véritable activité, et se concentrer sur leurs forces, après avoir mis de côté leurs mauvais actifs». Les négociations actuellement en cours avec Korea Development Bank, qui souhaite acquérir 25% de Lehman Brothers pour 6 milliards de dollars selon d’autres sources, permettraient de financer ce projet. Une alternative à ce plan, auquel réfléchirait également l’établissement new-yorkais, consisterait à créer une nouvelle société gérée par des investisseurs extérieurs qui en serait également actionnaires, afin d’acheter certains actifs hypothécaires. Cependant, l’avantage de Spinco c’est qu’il permettrait aux actionnaires de la banque de bénéficier à terme d’un rebond du marché hypothécaire si celui-ci se produit. Les sources ayant informé Bloomberg estiment ainsi que le projet Spinco permettrait à la banque de disposer encore de 80% de ses actifs hypothécaires commerciaux. David Trone, analyste chez Fox-Pitt Kelton, a d’ailleurs conseillé à la banque américaine d’agir dans ce sens, dans l’intérêt de ses actionnaires, en ne bradant pas certains de ses actifs. Quelle que soit la décision qui sera retenue, le temps presse toutefois pour la direction qui aimerait conclure une opération avant la publication des résultats trimestriels qui habituellement interviennent à la mi-septembre. Les opérations hostiles se multiplient outre-AtlantiqueA près de 200 milliards de dollars, elles n’ont jamais été aussi volumineuses depuis 1998. En revanche, elles restent limitées en Europe A l’image de la reprise de Dresdner par Commerzbank, les grandes opérations de la semaine sont restées amicales sur le marché européen des fusions-acquisitions. Force est d’ailleurs de constater que les groupes européens font moins l’objet d’offres hostiles que l’an passé. Selon les statistiques de Thomson Reuters, les volumes concernés excèdent à peine 105 milliards de dollars cette année (8,8 % du marché des F&A), contre 304 milliards un an plus tôt (40 %). En revanche, outre-Atlantique, la situation est bien différente. Les acquisitions hostiles s’y montent déjà à 198,5 milliards de dollars (deux fois les montants de l’an passé). Jamais depuis 1999, un tel niveau n’avait été atteint. Tant et si bien que la part des opérations non sollicitées est passée à 15,8 % contre 10,6 % en 2007. Les acquéreurs semblent même s’attaquer à des cibles de plus en plus imposantes au vu de la taille moyenne des opérations qui a presque doublé en un an, à 4,95 milliards de dollars. Si quelques tentatives de concentration au niveau local apparaissent dans le palmarès des F&A hostiles (Microsoft-Yahoo, Electronic Arts-Take Two), le phénomène tient aussi en grande partie à l’intérêt porté au marché américain par les groupes étrangers. Nombre de groupes japonais dans la pharmacie ou dans la banque ont par exemple cherché ces derniers mois aux Etats-Unis la croissance qu’ils peinent à trouver sur leur marché domestique. Quitte à tenter un passage en force. Ainsi du feuilleton qu’a constitué la montée de MUFG dans UnionBancal. Parallèlement, les groupes européens ont sans aucun doute profité de la faiblesse du billet vert pour concrétiser leurs vues sur des sociétés américaines, quitte là encore à leur forcer la main. Il est vrai qu’avec un euro dollar à 1,53 en moyenne cette année contre 1,34 l’an passé, le simple effet de change a pu permettre de belles économies. En tout cas, les groupes européens ont déjà dépensé 127,2 milliards sur le seul deuxième trimestre pour leurs emplettes américaines. Un record, notamment atteint grâce à l’offre d’InBev sur Anheuser-Busch (59,6 milliards de dollars). A fin août, la tendance restait soutenue. «Les acquisitions à l’étranger des groupes européens ont ciblé cette année à 75 % les Etats-Unis, soit une hausse de 11,4 points en un an», constate Thomson Reuters. Le CAE prône un assouplissement des règles de comptabilisation en valeur de marchéDans son rapport sur la crise des subprimes, le groupe d’économistes demande aussi la création d’un label européen pour les agences de notation Nouveau recueil de recommandations suite à la crise des subprimes. Après le rapport Ricol mardi, le Conseil d’analyse économique (CAE) vient de faire part des siennes. Si le premier avait mis en avant plusieurs propositions d’ordre politique, le second s’attache plutôt au secteur financier. Le CAE s’intéresse notamment aux agences de notation. Depuis la crise, elles se trouvent au cœur des débats en particulier en raison des notes qu’elles ont attribuées aux produits financiers complexes. Le CAE propose une tarification des services des agences sous forme d’abonnement pour réduire les conflits d’intérêts. Le groupe d’économistes souhaite également la création d’un label européen pour les agences attribué par le CESR, à l’image du label américain de la SEC. Le CAE recommande aussi des standards internationaux de liquidité qui seraient définis au sein du Comité de Bâle. Il se prononce par ailleurs en faveur d’un assouplissement des règles de comptabilisation en valeur de marché afin d'en dispenser les investisseurs institutionnels de long terme «qui échapperaient ainsi aux fluctuations à très court terme de leurs portefeuilles». La crise des subprimes permet enfin au groupe d’économistes de tirer des leçons en matière de gouvernance financière. Au niveau européen, un système européen de superviseurs bancaires serait, pour le CAE, «une bonne réponse aux défis de la gouvernance bancaire européenne». Mais «puisque de nombreux pays membres ne sont pas prêts à accepter l’idée d’un régulateur unique (…), il faut donner une nouvelle ambition et nouvelle impulsion au processus Lamfalussy», conclut-il. A l’issue de la réunion avec les membres du CAE à Matignon, Christine Lagarde, le ministre de l'Economie, s’est dit «déterminée à engager nos partenaires européens sur la voie de la recherche d'un consensus en politique économique comme en matière de régulation financière, où nous devons arriver à une meilleure discipline entre nous». A l’échelle mondiale, «le G7-G8 n’est plus le bon format pour la concertation internationale», estime le CAE qui souhaiterait y voir associés les grands pays émergents comme membres de plein exercice. La semaine prochaine, ce sera au tour du groupe de réflexion Eurofi de présenter ses recommandations pour améliorer la supervision financière et la prévention des crises. La BCE durcit son mécanisme de refinancementLa BCE a dévoilé hier de nouvelles règles concernant les actifs éligibles à son mécanisme de refinancement. A compter du 1er février 2009, la marge de sécurité (haircut) appliquée à la valorisation des actifs mis en nantissement sera de 12 % pour les valeurs mobilières adossées à des actifs (ABS) présentées par les banques pour des refinancements à court terme. Une marge supplémentaire de 5 % sera aussi prélevée sur les ABS valorisés à partir de modèles théoriques (mark-to-model) et non à partir de valeurs de marché. La BCE toujours préoccupée par l'inflationMalgré le relèvement des prévisions d'inflation, le marché espère encore une baisse des taux en 2009 Ayant maintenu hier le refi à 4,25 %, la BCE a dans le même temps relevé ses prévisions d'inflation dans la zone euro de 3,4 % à 3,5 % pour 2008 et de 2,4 % à 2,6 % pour 2009. Alors qu'il s'attend à une stabilité des prix en 2010 et a jugé «impératif d'éviter une généralisation des effets de second tour sur le processus de fixation des prix et les salaires», le président Jean-Claude Trichet a été prudent sur la croissance, parlant d'«incertitudes toujours élevées». L'institution a aussi revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2008 de 1,8 % à 1,4 % et pour 2009 de 1,5 à 1,2 %. «Si le discours de Jean-Claude Trichet n’a pas fondamentalement changé, nous avons perçu une plus grande inquiétude de sa part sur la croissance. Ses propos n’ont en tout cas pas modifié les anticipations, par le marché, d’une baisse des taux en juillet 2009, explique René Defossez, stratégiste taux et change chez Natixis, nous continuons de notre côté à tabler au minimum sur trois baisses des taux de la BCE, une en mars, une en juin et une en septembre». Pour Crédit Agricole SA, les inquiétudes de la BCE vis-à-vis de l'inflation ont de nouveau monté d’un cran, Jean-Claude Trichet ayant noté «des signes» de forte accélération des salaires dans certains pays. «Les dernières nouvelles venues d’Allemagne (revendications salariales du syndicat IG Metall de l’ordre de 8 % sur un an) et d’Italie (plus forte hausse des salaires horaires depuis 1997, à 4,3 %) n’y sont probablement pas étrangères», remarque la banque verte. Une fois encore, le banquier central a souligné que «le maintien de la stabilité des prix à moyen terme constituait l'objectif principal de la BCE et que ses membres étaient fermement déterminés à assurer un ancrage solide des anticipations d'inflation à moyen et long termes à un niveau compatible avec la stabilité des prix». Pour autant, les points morts d'inflation à dix ans qui se traitent actuellement à un niveau bas de 2,25 % n'indiquent pas d'anticipations du marché d'une nouvelle poussée de l'inflation à long terme. Au bout du compte, le discours du patron de la BCE n' a fait que confirmer les prévisions des banques. Lehman Brothers, s'attend à ce qu'elle «pré-annonce un assouplissement monétaire lors du conseil des gouverneurs de décembre 2008, notamment en cas de signal d'une atténuation des risques en matière de stabilité des prix, et une première baisse de taux en janvier 2009». S'ils ne s'attendent pas à une action imminente, les économistes d'UniCredit estiment que «le prochain geste de taux sera une baisse et restent convaincus qu'elle interviendra au deuxième trimestre 2009 quand l'inflation aura décliné vers les 2 % alors que la période de croissance en dessous du potentiel devrait se prolonger». Toutefois hier, les incertitudes entourant la croissance européenne, en concomittance avec les mauvais chiffres de l'emploi outre-Atlantique, ont davantage influencé les marchés que les craintes renouvelées sur l'inflation. L'euro/dollar a reculé de 1 % à 1,435 et le CAC 40 a corrigé de 3,22 % dans le sillage des Bourses américaines. Le ralentissement économique commence à peser sur les marchés émergentsLes spreads de la dette souveraine s’envolent, les actions s’effondrent et les banques centrales doivent intervenir pour soutenir leur monnaie Longtemps immunisés contre les effets de la crise financière, les marchés émergents souffrent à leur tour. Le gouverneur de la banque du Japon (BoJ) a d’ailleurs averti en début de semaine que le ralentissement économique dans les grandes économies était en train d’affecter les économies émergentes. Il faut dire que les indicateurs de la région n’ont rien de très encourageants, avec des spreads de la dette souveraine qui retrouvent des sommets, des marchés actions qui sont en net repli et des banques centrales, particulièrement en Asie, qui doivent intervenir pour soutenir leur devise. Les spreads de la dette souveraine, notamment mesurés par l’indicateur JP Morgan EMBI Plus Sovereign Spread, ont atteint un plus haut depuis cinq mois et demi, à plus de 313 points de base par rapport aux bons du Trésor américain. Depuis, mi-juin ces spreads se sont même accélérés de 29 % à la suite des incertitudes économiques pesant notamment dans les pays d’Europe de l’Est. Des incertitudes qui ont également affecté les marchés d’actions émergents, qui, à l’inverse de l’envolée des spreads, sont tombés à leurs niveaux les plus bas depuis plus d’un an. Sur fond de morosité économique et d’incertitudes géopolitiques, l’indice MSCI Emerging Markets, qui reflète le niveau des marchés actions des pays émergents, a poursuivi son recul, pour atteindre 911,96, soit son plus bas niveau depuis août 2007. Depuis le 19 mai dernier cet indice a reculé de 27 %. Par ailleurs, à la suite du retrait d’investisseurs craignant un ralentissement économique et observant le reflux du prix du pétrole, les monnaies asiatiques ont reculé face au dollar, obligeant les banques centrales à intervenir en début de semaine. Le won sud-coréen et le baht thaïlandais se sont ainsi repliés de près de 18 % par rapport au billet vert depuis le début de l’année. Les analystes pensent d’ailleurs que les choses ne sont pas près de s’arranger. De Standard Chartered à Affin Bank, en passant par ABN Amro, tous soulignent les difficultés des économies émergentes et leur essoufflement. Irene Cheung, stratégiste au sein de la banque néerlandaise, prédit d’ailleurs qu’avec le retrait à venir des établissements financiers européens et américains des marchés émergents, compte tenu de leurs propres difficultés, la tendance actuelle pourrait «s’accélérer». Sida: un gène clé participe à la production d'anticorpsDes chercheurs américains ont découvert un gène jouant un rôle clé dans la production d'anticorps qui neutralisent des rétrovirus comme le VIH responsable du sida, selon des travaux publiés ce jeudi. Cette découverte faite sur des souris, potentiellement importante pour la mise au point d'un vaccin, pourrait aussi expliquer pourquoi certaines personnes exposées au VIH (virus de l'immunodéficience humaine) ne sont jamais infectées, relèvent les auteurs de cette étude parue dans la revue Science datée du 5 septembre. Neutraliser le rétrovirus responsable du sida Ce gène, appelé Apobec3, qui existe aussi chez les humains, contrôle à lui seul la capacité des souris à produire des anticorps neutralisant des rétrovirus, ce qui leur permet de combattre avec succès des infections. Ces chercheurs font l'hypothèse que ce gène pourrait jouer le même rôle chez les humains et neutraliser le rétrovirus responsable du sida. Cette hypothèse est confortée par de précédentes études montrant que les protéines produites par Apobec3 ont des propriétés anti-VIH et que la région du chromosome où se trouve ce gène influe sur la capacité de ce virus à infecter l'organisme. «Cette avancée met en évidence un mécanisme génétique potentiel de production d'anticorps capables de neutraliser le virus du sida, ce qui est essentiel pour empêcher l'infection», souligne dans un communiqué le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID). Découvrir des vaccins contre le sida «D'autres recherches sur la fonction du gène Apobec3 chez les humains pourraient conduire à la découverte de médicaments et vaccins contre le sida», ajoute-t-il. Les anticorps sont la clé pour combattre avec succès des infections virales et la plupart des vaccins stimulent la production d'anticorps visant un virus en particulier. Mais malgré des années de recherche et la mobilisation d'importantes ressources, la médecine n'a pas encore pu mettre au point un vaccin efficace contre le virus du sida sans lequel cette pandémie ne peut-être maîtrisée. France : le déficit de l'Etat s'est creusé à 51,4 milliards d'euros fin juilletLe déficit budgétaire était de 48 milliards d'euros à fin juillet 2007. L'évolution s'explique par une dégradation du solde des comptes spéciaux, assure Bercy. La bonne tendance des recettes fiscales (+1,7%) devrait ralentir au second semestre, avertit le ministère du Budget.Le déficit budgétaire de l'Etat français s'élevait à 51,4 milliards d'euros au 31 juillet, contre 48 milliards à la même date en 2007, a annoncé vendredi le ministère du Budget. Selon Bercy, cette évolution "s'explique exclusivement par une dégradation du solde des comptes spéciaux (-3,6 milliards d'euros par rapport à l'année dernière)". A la fin juillet, les dépenses du budget général de l'Etat atteignent 164,0 milliards d'euros, contre 164,6 milliards un an plus tôt. Cette légère diminution n'est toutefois qu'apparente, en raison d'un retard d'enregistrement de certaines écritures dont la "complète comptabilisation apparaîtra seulement dans la situation mensuelle budgétaire arrêtée au 31 août", indique le communiqué. Les recettes nettes du budget général de l'Etat sont elles aussi en légère baisse au 31 juillet, à 134,6 milliards d'euros contre 134,9 milliards l'an dernier à la même date. La progression des recettes fiscales et non fiscales (+1,9 milliard à périmètre courant par rapport à 2007) est contrebalancée par une augmentation des prélèvements sur recettes opérés au profit des Communautés européennes et des collectivités territoriales (+2,4 milliards). A périmètre constant, les recettes fiscales nettes s'inscrivent, à la fin du mois de juillet, en hausse de +1,7% par rapport à la même période de l'année dernière, grâce au dynamisme des recettes nettes de l'impôt sur les sociétés (IS) (+8,9%) et de TVA (+4,9%). Toutefois, la progression des recettes d'IS et de TVA, actuellement particulièrement favorable, devrait se ralentir durant le second semestre, avertit le ministère du Budget. Le ministre du Budget, Eric Woerth, avait prévenu au début de l'été que le ralentissement de la croissance française allait se traduire par des "moins values" de recettes fiscales de l'ordre de 3 à 5 milliards d'euros en 2008, notamment sur l'IS et l'impôt sur le revenu (IR). A la fin juillet, les recettes de l'IR accusaient en effet une baisse de 0,7%, à 31,995 milliards d'euros. Les autres recettes fiscales nettes sont elles aussi en baisse de 3,7 milliards d'euros (-21,1% à périmètre constant). Selon Bercy, "cette évolution traduit notamment les effets de la loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat, qui contribue à une diminution de certains droits d'enregistrement (-0,6 milliard par rapport à 2007) et de l'ISF (-0,2 milliard) ainsi que de la poursuite de la montée en charge de la réforme de la taxe professionnelle votée dans la loi de finances pour 2006." Les recettes non fiscales (+12,7% à périmètre constant) restent en forte progression en raison, en particulier, d'un versement anticipé de la Coface cette année. September 03 Les fonds de fonds se tournent aussi vers l'univers du décotéProfitant de la multiplication des fonds « distressed », Unigestion lance un véhicule mariant hedge funds et capital-investissement.
La situation difficile des établissements bancaires et des sociétés financières annonce l’ère des fonds ‘distressed’, qui investissent dans des entreprises en difficulté ou des actifs décotés. Depuis la fin du printemps, de nombreuses institutions financières (banques d’investissement internationales comme Citi, Merrill Lynch ou Deutsche Bank, mais aussi des fonds d’investissement) ont cédé une grande partie de leurs portefeuilles d’actifs à des prix très inférieurs au nominal, offrant parfois jusqu’à 80 % de décote à l’instar de Merrill Lynch, qui a cédé 30,6 milliards de dollars de CDO (collateralized debt obligations) à Lone Star à 22 % de leur valeur. Aussi, selon le centre de recherche Preqin, les capitaux levés au premier semestre 2008 dans le cadre de fonds de dettes distressed sont supérieurs de 57 % à ceux levés sur la même période un an plus tôt. L’intérêt pour cette classe d’actifs ne se dément pas (voir tableau). L’on voit apparaître les premiers fonds de fonds, signe que la tendance se confirme et que le marché est jugé suffisamment riche par les sociétés de gestion qui les lancent. Ces véhicules n’acquièrent aucun actif directement, mais prennent des parts dans des fonds en création. C’est le cas du suisse Unigestion, qui a entamé fin juillet la promotion d’ Unigestion Distressed Hybrid Fund. Ce véhicule, pour lequel il souhaite collecter 750 millions de dollars, n’est pas spécialisé et couvre l’ensemble de l’univers des fonds distressed. Cette stratégie souligne le caractère très opportuniste du produit. Il suivra en effet l’évolution d’un marché qui n’en est qu’à ses balbutiements. « Notre véhicule entend profiter de toutes sortes d’occasions au fur et à mesure qu’elles apparaissent sur le marché », confirme Christophe de Dardel, responsable des investissements de private equity. Convergence Dans un premier temps, les fonds de créances hypothécaires américaines (notamment subprime) dépréciées seront privilégiés. Ils pourraient même constituer la totalité des investissements au départ. Mais au cours des prochains 24 mois, Unigestion anticipe que le phénomène de décote se généralisera à l’univers de l’investissement alternatif dans son ensemble, ce dans un mouvement allant des Etats-Unis vers l’Europe et certains pays émergents : crédit aux particuliers (hypothécaire, à la consommation…), aux entreprises, prêts LBO (leveraged buy-out), financements mezzanine, obligations à haut rendement (high yield), mais aussi opérations de LBO et transactions immobilières.
Enfin, le fonds de fonds d’ Unigestion pourra aussi acquérir des parts de fonds sur le marché secondaire. L’univers des actifs décotés permet ainsi de développer assez aisément la thématique de convergence entre hedge funds et capital-investissement (private equity). Un axe ouvertement revendiqué par Unigestion, dont le fonds sera investi auprès de gérants de ces deux classes d’actifs. « Nos équipes de capital-investissement et de hedge funds travaillent déjà ensemble dans le domaine des fonds de fonds, avance Christophe de Dardel. Or, la frontière entre les deux univers est peu claire dans les actifs décotés : les hedge funds sont souvent peu liquides et les acteurs du private equity investissent déjà dans la dette corporate et certains portefeuilles de crédits. » Les hedge funds plus liquides L’équipe d’investissement a prévu de sélectionner entre 10 et 15 véhicules, dont une majorité de hedge funds, ce qui lui permettra de jouir d’une plus grande liquidité qu’un fonds de fonds de capital-investissement classique. Ainsi, 50 % du portefeuille devrait être liquidé d’ici trois à quatre ans. Néanmoins le fonds de fonds fonctionne aussi à la manière d’un fonds de private equity : l’argent sera appelé au fur et à mesure des transactions, pendant une période maximale de deux ans ; en outre, les investisseurs bénéficieront de distributions systématiques de dividendes et de plus-values à partir de deux ans, pour un rendement annuel net attendu entre 15 % et 20 %. Ce type de fonds ne devrait pas peiner à trouver preneur : Calpers, qui gère les retraites des employés du secteur public de Californie, vient de réduire ses positions en actions pour consacrer 2,3 milliards de dollars supplémentaires à des fonds de dette distressed.
Les actifs alternatifs décotés suscitent l'engouement des investisseurs en quête de rendementSelon S&P LCD, le nombre de fonds de pension impliqués dans le marché des «leveraged loans» devrait croître fortement ces prochains mois
Passer par des fonds pour racheter des actifs alternatifs décotés est devenu monnaie courante chez les investisseurs en quête de sources de revenus additionnelles. Alors que les experts du capital-investissement Apollo et KKR sont prêts à investir dans divers instruments de dettes et que le fonds de pension des fonctionnaires californiens, Calpers, a consacré 2,3 milliards de dollars à la dette en souffrance via un véhicule géré par Apollo, selon S&P Leveraged Commentary & Data (S&P LCD), «le nombre de fonds de pension impliqués dans le marché des prêts devrait croître fortement ces prochains mois». S&P LCD, experte en matière de leveraged loans, ces prêts servant à financer des LBO ou des sociétés à profil de crédit risqué, estime à «au moins cinq le nombre de fonds de pension ayant accordé des mandats à des fonds pour gérer des portefeuilles de loans».
Si la demande de ce type de prêts a chuté et les taux de défaut corporate sont attendus en forte hausse, les conditions de marché actuelles offrent de réelles opportunités pour les fonds de pension et investisseurs à court d'idées d'investissement. Selon S&P LCD, le prix moyen des leveraged loans flirte avec les 88 pour un nominal de 100. En parallèle, les banques continuent de se délester de leurs leveraged loans. D'après la division de S&P, Royal Bank of Scotland, à la mi-août, en aurait placé 8 milliards auprès d’Apollo, de Blackstone (à travers GSO) et TPG. Même s’il n'est plus que de 47 milliards de dollars, contre 230 milliards au plus fort de la crise, le stock des dettes et prêts bancaires en souffrance reste significatif. Victimes de la crise des subprimes, les titres adossés à des crédits hypothécaires commerciaux et résidentiels (CMBS et RMBS), dont les valorisations ont touché des niveaux abyssaux, suscitent aussi l’engouement des gérants monétaires et obligataires. Selon les rumeurs, Pacific Investment Management (Pimco) chercherait à lever 5 milliards de dollars qu’il emploierait au rachat de RMBS et CMBS via un fonds créé à cette occasion. Son rival BlackRock, en association avec le hedge fund Highfields Capital Management, a récemment récolté 2 milliards de dollars pour les consacrer à la reprise de prêts immobiliers irrécouvrables. Autant d’initiatives qui donnent le sentiment que la débâcle des actifs alternatifs approche de son terme. Candover entrevoit de timides signes de reprise sur l'activité LBOLe groupe a publié ses résultats semestriels, qui laissent apparaître une valeur d’actifs en baisse de 1% par rapport à la fin 2007
«La valeur du portefeuille de Candover a été globalement maintenue malgré l’incertitude macroéconomique persistante.» Tel est l’élément qu’a souhaité mettre en avant le président du groupe hier lors de la publication des résultats semestriels. De fait, la valeur des actifs nets par action est ressortie à 2.051 pence, à peine 1 % en dessous des 2.065 pence enregistrés à la fin de 2007. Autre motif de satisfaction pour le groupe de private equity : son résultat imposable de 9,5 millions de livres, en repli limité vis-à-vis des 10,6 millions du premier semestre 2007.
Candover n’a pas pour autant oublié de pointer les difficultés rencontrées par son secteur, rappelant que le marché du LBO en Europe avait connu un repli de 58 % au premier semestre à 48 milliards d’euros. «Nous nous attendons à ce que les conditions de marché difficiles perdurent au second semestre, et nous anticipons qu’en 2008 le marché sera bien en dessous des records établis ces dernières années», ajoute le communiqué. Néanmoins, le pire est peut-être passé. «Il y a eu de timides signes de reprise concernant le nombre d’opérations bouclées», a déclaré le directeur, Colin Buffin, ajoutant que «le premier trimestre de 2008 a été le point bas». Pour étayer son discours, il a ainsi rappelé que l’industrie du LBO a annoncé sept transactions de plus de 1 milliard d’euros au deuxième trimestre en Europe. C’est certes bien inférieur aux treize constatées un an plus tôt avant le déclenchement de la crise des crédits. Mais le premier trimestre n’avait pas vu se réaliser plus de trois opérations.
S’il concède que les sorties seront encore difficiles (elles ont atteint 292 millions de livres au premier semestre), le groupe avance d’ailleurs que «la période est propice aux investissements avec des valorisations d’entreprises et des multiples de dette revenus à des niveaux plus sensés». Il met ainsi en avant ses investissements du semestre : 351,8 millions de livres pour le néerlandais Stork et 164,9 millions sur Expro. Avec la sortie de cote en août, l’investissement sur ce dernier atteint même 473,6 millions. Un investissement auquel a contribué le fonds 2008, qui en août avait levé 2,8 milliards d’euros sur un objectif total de 5 milliards. Enfin, Candover voit aussi dans sa récente entrée chez Technogym la preuve qu’il est «ouvert aux opérations, malgré la crise du crédit». Temasek garde un œil sur Merrill Lynch et observe d'autres banques occidentalesA la tête d'actifs qui ont progressé de 13% sur un an, le fonds souverain se dit prêt à augmenter encore sa participation dans la banque américaine
Temasek ne quitte plus Merrill Lynch d’une semelle. «S’il y a une opportunité (d’augmenter notre participation), nous regarderons», a fait savoir Suppiah Dhanabalan, le président de Temasek, hier. Il faut dire que le prix d’une participation dans Merrill Lynch ne pourra qu’avoir fortement baissé depuis fin décembre. A l'époque le fonds souverain de Singapour avait acquis 5 % de la banque américaine pour 5 milliards de dollars. Depuis, cette dernière a passé 16 milliards de dollars de dépréciations supplémentaires et son titre a perdu 55 %. Elle a également fait appel au marché une deuxième, puis une troisième fois depuis le début de la crise : à hauteur de 6,6 milliards en janvier et de 9,8 milliards de dollars fin juillet.
Cette dernière opération comportait une clause inhabituelle, preuve de l’influence de Temasek : si la banque devait procéder à une nouvelle augmentation de son capital dans un délai d’un an, à un prix inférieur à celui payé par le fonds (48 dollars), Merrill Lynch s’engageait à rembourser la différence. Or, le titre s’échangeait alors à la moitié de ce prix, autour de 24 dollars, un prix comparable à celui d’aujourd’hui. La banque a donc payé 2,5 milliards de dollars à Temasek, qui les a réinvestis, en majorant le montant de 900 millions de dollars de sa poche. Aujourd’hui sa participation passe déjà le seuil des 10 % fixé par les régulateurs américains pour les investisseurs étrangers. Le fonds singapourien n’aura en tout cas aucun mal à faire un nouveau geste. Sur un an, ses actifs ont progressé de 13 % pour atteindre 185 milliards de dollars singapouriens (131 milliards de dollars) à fin mars. «Le pessimisme qui fait baisser les titres des institutions financières occidentales est tellement fort en ce moment que pour des investisseurs de long terme comme Temasek, cela a du sens d’investir», a relevé Tan Teng Boo, gérant chez Capital Global Fund à Kuala Lumpur. En juin dernier, le fonds avait acheté une seconde fois des actions Barclays, investissant, avec China Development Bank, 4,5 milliards de livres. Hier, Suppiah Dhanabalan a ajouté que Temasek continue à observer l’ensemble des banques occidentales. Toutefois, il a jugé que les investisseurs ne devraient pas «surestimer» l’influence des fonds souverains, dans la mesure où seulement 2 % de toutes les actions et obligations au monde se trouvent entre leurs mains. KDB laisse la porte ouverte à un rachat de Lehman BrothersLa Korea Development Bank dit que la banque américaine fait partie de ses options. Le marché de crédit a vivement réagi vendredi
Jeudi, la Korean Development Bank avait refusé de commenter des informations du Financial Times selon lesquelles elle aurait mené des discussions (n’ayant pas abouti) dans le but de prendre jusqu’à 50 % de Lehman Brothers. Mais vendredi, le groupe public coréen s’est voulu plus disert. «Nous étudions un certain nombre d’options et sommes ouverts à toutes les opportunités, lesquelles pourrait comprendre Lehman Brothers», a indiqué un porte-parole du groupe.
«Financièrement, KBD n’aurait pas de problème pour acheter une participation majoritaire dans Lehman», assure un analyste coréen cité par Reuters. Il est vrai que face aux 122.616 milliards de wons d’actifs (115 milliards de dollars), la capitalisation du groupe américain pèse peu. Ayant fondu de 80 % depuis le début de l’année, sous le poids des dépréciations de 8,2 milliards accumulées depuis douze mois, elle ne pesait plus que 9,5 milliards de dollars avant son rebond de vendredi. Chez MF Global, on assure même que «pour un investisseur de long terme, des opportunités comme celles-ci ne se présentent pas souvent». «Le problème, néanmoins, provient des aspects juridiques et réglementaires. Je ne suis pas certain que le gouvernement donnera facilement son aval au rachat par un établissement étranger d’une part significative au capital de l’une de ses institutions financières clé», remarque l’analyste coréen. Toujours est-il que la nouvelle a donné vendredi un peu d’air au marché de crédit. Jeudi, les CDS sur la dette senior à 5 ans culminaient à 395 points de base (pb). Bien qu’en dessous du record de 450 pb atteint en mars ce niveau correspondait selon Moody’s à une notation Ba2, soit six crans de dégradation éventuelle. Vendredi, l’officialisation de l’intérêt de KBD a permis au spread de se resserrer en journée de 74 pb. Soit la plus grosse baisse quotidienne constatée depuis avril. Lonestar obtient IKB pour un prix symboliqueRepreneur de plus de 90% du capital de la banque allemande en déroute, l’investisseur américain bénéficie de no |