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日志


11月24日

L'Etat envisage de revenir au capital de l'ex-Pechiney

Via le fonds d'investissement FSI, l'Etat pourrait reprendre 10% du capital d'Alcan Engineered Products, une filiale d'Alcan qui regroupe une partie des anciennes activités de Pechiney, selon Les Echos.

Pechiney, l'ancien fleuron de l'industrie française, pourrait réintégrer partiellement le giron de l'Etat, selon des informations des Echos. Les activités du spécialiste de l'aluminium sont actuellement partiellement regroupées au sein d'Alcan Engineered Products, une filiale du géant canadien dont Rio Tinto, son nouveau propriétaire, cherche à se débarrasser.

Selon le quotidien, le fonds stratégique d'investissement (FSI) de l'Etat pourrait prendre 10% du capital du groupe, qui emploie 10.000 salariés, dont la moitié en France. Le fonds d'investissement américain Apollo, de son côté, aurait signé un accord d'exclusivité avec Rio Tinto pour racheter 50 à 60% du capital du groupe. Le troisième groupe minier mondial, qui a racheté la totalité d'Alcan il y a quelques mois, resterait au capital d'Alcan Engineered Products en tant qu'actionnaire minoritaire.

Cette opération s'inscrirait dans la stratégie actuelle de Rio Tinto, qui a entreprit de vendre par appartement les activités d'Alcan qui ne concernent pas l'aluminium primaire. Selon un délégué syndical cité par les Echos, un "accord d'exclusivité a été signé récemment avec un acheteur potentiel, mais rien ne dit que cela débouchera sur une vente. Le processus est encore long".

11月18日

Après Nicox, le bilan des investissements du FSI en 2009

Le fonds stratégique d'investissement (FSI) a multiplié les entrées au capital de près d'une quinzaine d'entreprises françaises, tous secteurs confondus. Il affirme que son objectif est de renforcer la compétitivité des sociétés françaises.

Avec un investissement de 25 millions d’euros dans le capital du laboratoire français Nicox, le FSI, fonds stratégique d'investissement, a fait son entré mercredi dans le lucratif secteur de la biopharmacie. Une première pour ce fonds, détenu par la Caisse des dépôts et l'Etat français et doté de 20 milliards d'euros.

Plus tôt dans l'année, il a fait une entrée fracassante dans des domaines aussi variés que l'industrie parapétrolière, l'automobile ou encore l'électronique de pointe.

Gemalto: investissement de 160 millions d'euros

La plus grosse opération de l'année pour le FSI reste Gemalto. Le fonds a investi 160 millions d'euros dans le leader mondial de la sécurité numérique. Bien que les fondamentaux de l'entreprise soit bons, Gilles Michel, le directeur général du FSI a justifié cet investissement au micro de BFM Radio par le fait qu'un des deux actionnaires principaux du groupe s'est brusquement désengagé. Gemalto devait donc, selon lui, faire "face à une perspective de recomposition majeure de son capital" (8%) et le fonds est intervenu pour stabiliser sa situation.

Technip: le FSI a franchi les 5% du capital

En juillet, le FSI est entré au capital du groupe parapétrolier à hauteur de 2,6%. Début novembre, il accru sa position, dépassant le seuil de 5% du capital. Le groupe n'a pas précisé le montant de la transaction mais semble bien décidé à procéder à un investissement de long terme.

58 millions prêtés à Nexans

Le spécialiste du câble a reçu pour sa part 58 millions de la part du FSI. Il a dépassé la barre symbolique des 5% et est devenu son premier actionnaire.

Sauver Daher

L'équipementier aéronautique de deuxième plan a bénéficié de 68 millions d'euros de la part du FSI; dans le cadre de son augmentation de capital.

A la rescousse de Valeo

L'équipementier auto, lui, a perçu beaucoup moins: 24 millions d'euros, au moment où le marché s'effondrait en Europe faute de ventes. Depuis, les différents Etats ont mis en place des primes à la casse pour stimuler l'activité, mais avec l'arrêt de ces dispositifs, la crainte d'une rechute est toujours possible et le soutien du fonds apprécié par les investisseurs.

Plus de 5% du capital de Carbone Lorraine

Le FSI a également dépassé le seuil de 5% du capital du groupe industriel.

De mulitples petits investissements dans le secteur technologiques pointus

Outres les grosses opérations, le FSI a également souscrit à hauteur de 20 millions d'euros à l'augmentation de capital du groupe de transformation de matériaux Farinia et de 10 millions d'euros dans Photonics, un spécialiste des composant optoélectronique pour les réseaux télécoms.

Il a injecté 2 millions d'euros dans le fabricant de jouets Meccano, 4 millions dans Led to Lite, un spécialiste de l'éclairage par LED et a participé à hauteur de 7,5 millions d'euros à la levée de fonds de Dailymotion, l'équivalent français de YouTube. Dernièrement, le fonds s'est intéressé à Avanquest Software, un éditeur de logiciels français. Il y a investi un montant total de 9 millions d'euros: 6 via une souscription de capital et 3 via une émission obligataire.

12月17日

Le fonds de pension américain Calpers en pleine tourmente financière

e partie des retraités californiens doit être sérieusement inquiète. Calpers, l'un des plus grands fonds de pension américain et donc responsable de l'argent de leur retraite, va mal et devrait nommer un nouveau directeur général dans le courant de cette semaine, selon le Wall Street Journal.

Le groupe, qui verse des pensions de retraites et assure la couverture médicale de 1,5 millions de fonctionnaires californiens, se retrouve en effet sans directeur général depuis l'annonce du départ de Fred Buenrostro en mai dernier. La nomination prochaine d'un nouveau directeur général mettrait ainsi un terme à l'intérim assuré depuis le 1er juillet par Kenneth W. Marzion.

Ce remaniement intervient alors que Calpers est en proie à de grandes difficultés, accusant de lourdes pertes dans le sillage de la déconfiture des marchés financiers et du dégonflement de la bulle de l'immobilier américain. Outre l'effondrement du cours des actifs financiers "classiques" (comme les actions ou les obligations), dans lesquels les fonds de pension placent une partie des cotisations de leurs clients, Calpers a également massivement investi dans l'immobilier résidentiel et commercial américain, aujourd'hui en pleine déconfiture.

Le 12 novembre dernier, Calpers a ainsi annoncé que la valeur de marché de son portefeuille immobilier avait chuté de 35% par rapport à son coût d'acquisitions, causant une perte de 3,2 milliards de dollars. La dislocation des marchés financiers n'a pas aidé. La société gérait 239 milliards de dollars fin juin 2008, chiffre qui n'était plus que de 182,6 milliards le 15 décembre. Cette chute des revenus met un peu plus sous pression l'équipe de direction de Calpers, qui verse chaque année environ 10 milliards de versements à ses clients.

Ces pertes sont en outre amplifiées par une stratégie particulièrement agressive, Calpers s'endettant parfois à hauteur de 80% pour financer ses investissements. Le 2 décembre, la société a assuré dans un communiqué être en mesure de faire face à la dégradation de l'environnement, et de continuer le versement des retraites à ses clients. Elle a en outre refondu son système de gouvernance dans la sélection de ses investissements.

12月12日

China Investment Corp confesse sa défiance envers les valeurs financières

Selon son président, le fonds souverain chinois se gardera bien d’investir dans ce secteur avant sa relance par les pouvoirs publics
 
Chat échaudé craint l’eau froide. Lou Jiwei, le président de China Investment Corp ( CIC), a pour sa part avancé aujourd’hui, dans le cadre d’une conférence à Hong Kong, que le fond souverain chinois « n’ose plus » pour l’heure investir au capital de groupes financiers. En tout cas pas avant que les gouvernements n’aient mis en œuvre de façon exhaustive des plans susceptibles d’assurer le renouveau du secteur. « Les politiques des pays développés concernant ces institutions ne sont pas claires » a avancé l’investisseur, qui évoque l’hypothèse de faillites qui lui feraient « tout perdre ». Le fonds souverain chinois, doté de 200 milliards de dollars, a la responsabilité de la gestion d’une part des réserves de changes du pays. « Je n’ai aucune confiance (dans les valeurs bancaires) » a lancé le président de CIC, faisant davantage preuve de retenue en affirmant qu’il n’était « pas assez valeureux » pour se lancer dans une nouvelle aventure, dont les éléments lui semblent aujourd’hui bien trop incertains. Les engagements du fonds souverains chinois au sein du secteur financier ne se sont en effet pas révélés fructueux. Loin s’en faut. Il est vrai que le calendrier de la crise financière n’a pas épargné le puissant investisseur chinois. L’an passé, CIC a investi 5 milliards de dollars au capital de Morgan Stanley, 3 milliards chez Blackstone. Depuis, le titre de la banque américaine a abandonné 77 % à la Bourse de New York, celui de la société de private equity 85 %. Le président de CIC a estimé que les orientations de Washington changeaient chaque semaine quant au comportement à adopter face à la crise financière, ce qui empêchait toute confiance dans le devenir du secteur. Lou Jiwei a assuré ce matin que le fonds étudiera avec attention des opportunités de par le monde au sein d’autres secteurs, sans préciser davantage son champ d’investigation. Il a toutefois confié une attention particulière accordée aux pays en développement, qui lui permettra une saine diversification géographique des actifs. « Nous poursuivons notre politique active d’investissement » a assuré Lou Jiwei. Pour autant, inutile pour les autres pays de regarder en direction de Pékin en espérant que la Chine vienne au secours de chacun. Le pays a ses propres soucis, a avancé ce matin le président de China Investment Corp.
12月5日

Fonds souverains - finance : les fiançailles tournent court

Promis, juré, on ne l'y reprendra plus. Le président du fonds souverain chinois a reconnu hier qu'il avait perdu toute confiance dans les institutions financières occidentales et qu'il n'investirait plus dans leur capital. « Nous n'avons plus le courage d'investir dans les sociétés financières [à l'étranger] parce que nous ne savons pas dans quels problèmes nous nous mettons », a déclaré Lou Jiwei, le directeur exécutif de China Investment Corp. (CIC).

Des problèmes avec la finance, CIC en a eu son lot. Il a pris une participation dans Blackstone pour 3 milliards de dollars juste avant que la firme de capital-investissement n'entre en Bourse en juin 2007. Sa valeur a fondu de 85 % depuis. Et il y a tout juste un an, CIC a misé 5 milliards de dollars pour prendre près de 10 % dans Morgan Stanley. Le titre valait à l'époque 50 dollars environ. Il en vaut aujourd'hui 12.

Respectabilité et moins-values

Le fonds chinois, qui gère environ 200 milliards de dollars d'actifs, va donc rester à l'écart des banques occidentales jusqu'à nouvel ordre en raison des politiques « incertaines » menées dans leurs pays. « Le problème, c'est que nous ne savons pas quand ces institutions seront soutenues par leurs gouvernements », a expliqué Lou Jiwei. Le système américain est particulièrement visé : « Il change chaque semaine, comment pourrais-je être confiant ? », a-t-il ajouté lors d'une conférence organisée par Bill Clinton. CIC n'est pas le seul investisseur chinois à avoir laissé des plumes dans la finance. L'assureur Ping An va devoir dire adieu à l'essentiel des 1,8 milliard d'euros qu'il a investis dans Fortis. A cause de la crise, le régulateur chinois a d'ailleurs suspendu les agréments pour les investissements dans les banques étrangères, bloquant du coup la prise de participation de Bank of China dans LCF Edmond de Rothschild.

Les autres fonds souverains n'ont pas un tableau de chasse plus brillant avec la finance américaine ou européenne. Si leurs investissements dans le secteur depuis un an, estimés à 100 milliards de dollars au total, leur ont apporté une certaine respectabilité, ils risquent aussi de leur occasionner quelques moins-values. Le fonds souverain le plus puissant au monde, celui d'Abu Dhabi, a acquis près de 5 % de Citigroup pour 7,5 milliards de dollars en novembre 2007, juste avant l'effondrement du géant de Wall Street. Le GIC, un fonds souverain de Singapour, a injecté 22 milliards de francs suisses (20 milliards de dollars) en deux fois dans UBS avant que ne s'aggrave les déboires de la finance suisse. L'autre fonds singapourien, Temasek, est l'un des rares à mieux s'en sortir grâce au rachat de Merrill Lynch par Bank of America.

China Investment Corp confesse sa défiance envers les valeurs financières

Selon son président, le fonds souverain chinois se gardera bien d’investir dans ce secteur avant sa relance par les pouvoirs publics

Chat échaudé craint l’eau froide. Lou Jiwei, le président de China Investment Corp (CIC), a pour sa part avancé aujourd’hui, dans le cadre d’une conférence à Hong Kong, que le fond souverain chinois « n’ose plus » pour l’heure investir au capital de groupes financiers. En tout cas pas avant que les gouvernements n’aient mis en œuvre de façon exhaustive des plans susceptibles d’assurer le renouveau du secteur.

« Les politiques des pays développés concernant ces institutions ne sont pas claires » a avancé l’investisseur, qui évoque l’hypothèse de faillites qui lui feraient « tout perdre ». Le fonds souverain chinois, doté de 200 milliards de dollars, a la responsabilité de la gestion d’une part des réserves de changes du pays. « Je n’ai aucune confiance (dans les valeurs bancaires) » a lancé le président de CIC, faisant davantage preuve de retenue en affirmant qu’il n’était « pas assez valeureux » pour se lancer dans une nouvelle aventure, dont les éléments lui semblent aujourd’hui bien trop incertains.

Les engagements du fonds souverains chinois au sein du secteur financier ne se sont en effet pas révélés fructueux. Loin s’en faut. Il est vrai que le calendrier de la crise financière n’a pas épargné le puissant investisseur chinois. L’an passé, CIC a investi 5 milliards de dollars au capital de Morgan Stanley, 3 milliards chez Blackstone. Depuis, le titre de la banque américaine a abandonné 77 % à la Bourse de New York, celui de la société de private equity 85 %.

Le président de CIC a estimé que les orientations de Washington changeaient chaque semaine quant au comportement à adopter face à la crise financière, ce qui empêchait toute confiance dans le devenir du secteur.

Lou Jiwei a assuré ce matin que le fonds étudiera avec attention des opportunités de par le monde au sein d’autres secteurs, sans préciser davantage son champ d’investigation. Il a toutefois confié une attention particulière accordée aux pays en développement, qui lui permettra une saine diversification géographique des actifs. « Nous poursuivons notre politique active d’investissement » a assuré Lou Jiwei.

Pour autant, inutile pour les autres pays de regarder en direction de Pékin en espérant que la Chine vienne au secours de chacun. Le pays a ses propres soucis, a avancé ce matin le président de China Investment Corp.

11月21日

La France se dote d'un fonds aux moyens limités

Le nouveau Fonds stratégique d'investissement a six milliards de liquidités dans l'immédiat

Nicolas Sarkozy le voulait, il a désormais son fonds souverain. Doté de 20 milliards d’euros, le Fonds stratégique d’investissement (FSI), dont les contours ont été dévoilés hier par le président de la République, ne boxe cependant pas dans la même catégorie que ses homologues chinois ou du Golfe. Il se classera aux alentours du 18e rang du secteur, aux côtés des fonds algérien et sud-coréen.

Dans l’immédiat, sa capacité d’investissement ne sera même que de 6 milliards d’euros. Une somme que cette société anonyme, contrôlée à 51 % par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et à 49 % par l’Etat, pourra compléter en levant des fonds sur le marché. Des moyens qui paraissent limités, tant la mission du Fonds est vaste. Il sera «une arme anticrise», destinée à intervenir «massivement chaque fois qu’une entreprise stratégique aura besoin de fonds propres» et ne trouvera pas à se financer, selon le chef de l'Etat. Il devra aussi protéger le capital d’entreprises jugées elles aussi «stratégiques».

Le solde des ressources du FSI, soit 14 milliards d’euros, provient de participations existantes. L’Etat lui apportera ses titres Air France (15,65% du capital), Renault (15%), et une partie de ses 22,7% de France Télécom, à hauteur de 7 milliards. La CDC, présente au capital de la plupart des sociétés du CAC 40, y contribuera pour le même montant. Ses parts dans Dexia et CNP seront exclues du périmètre. Ses investissements dans le non-coté, logés dans CDC Entreprises, viendront compléter la corbeille.Pour accroître sa force de frappe, le Fonds stratégique pourrait donc aussi procéder à des arbitrages, notamment sur les participations héritées de la Caisse des dépôts.

Le chef de l’Etat a aussi ouvert la porte du FSI «à des fonds souverains européens ou même étrangers (sic), à partir du moment où c'est transparent, où on connaît et que ça fait effet de levier pour développer encore l'investissement». Une démarche qui prolonge celle de la CDC, qui a constitué un club des investisseurs de long terme où figure déjà son homonyme italienne. Augustin de Romanet, le directeur général de l’institution de la rue de Lille, a rencontré ces dernières semaines les dirigeants de certains fonds souverains du Moyen-Orient. A terme, la part de l'Etat dans le FSI pourrait descendre à 34 %.

«Il faut comparer ce qui est comparable, relativise un banquier. Les fonds souverains placent une grosse partie de leurs actifs en obligations. Avec 20 milliards investis uniquement en actions, le FSI a les moyens d’agir». A titre de comparaison, le fonds norvégien, qui gérait 2.100 milliards de couronnes au 30 juin (235 milliards d’euros), n’en investit que 20 % en actions européennes, soit l’équivalent de 47 milliards d’euros.Le premier investissement du FSI n’exigeait d’ailleurs pas de soulever des montagnes : il s'agit d'une augmentation de capital de 85 millions d’euros, souscrite en partie par la CDC, pour financer la croissance du sous-traitant aéronautique Daher. L’entrée récente de l’Etat au capital des Chantiers de l’Atlantique à hauteur de 33,3 %, une part elle aussi apportée au Fonds stratégique, n'a coûté «que» 110 millions. Le FSI ne prendra de toutes façons que des participations minoritaires, détenues entre deux et dix ans.Avec les moyens, la gouvernance du Fonds constitue l’autre point clé. Il sera doté d’un comité d’investissement indépendant, présidé par Patricia Barbizet, directeur général d’Artemis. Jean-François Dehecq, président de Sanofi-Aventis, prendra la tête d’un comité d’orientation, incluant des représentants syndicaux. Quant à Augustin de Romanet, il présidera le conseil d’administration. Le Fonds sera soumis au contrôle de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts, c'est-à-dire des parlementaires, qui ont évité une OPA de Bercy sur les actifs de la Caisse. Reste à en nommer, dans les prochains jours, le directeur général.

11月20日

Sarkozy dégaine "l'arme anti-crise", un "fonds souverain à la française"

Nicolas Sarkozy a présenté jeudi un "fonds souverain à la française" doté de 20 milliards d'euros en 2009, son "arme anti-crise" face à une crise financière dont il veut "profiter" pour "accélérer le changement en France". Le président de la République a saisi l'occasion d'un déplacement à Montrichard (Loir-et-Cher), auprès des salariés de l'entreprise aéronautique Daher, puis lors d'un discours devant le monde politique et économique de la région, pour lancer la création d'un "Fonds stratégique d'investissement", qu'il a qualifié de "fonds souverain à la française". Il en avait annoncé le principe le 23 octobre à Argonay (Haute-Savoie), lorsqu'il avait dévoilé ses mesures de soutien à l'économie. Ce fonds est destiné à intervenir "massivement chaque fois qu'une entreprise stratégique aura besoin de fonds propres". L'entreprise Daher sera la première à en bénéficier, à hauteur de 85 millions d'euros.

 

Filiale de la caisse des dépôts (CDC), il sera doté "d'un encourt de 20 milliards d'euros en 2009", voire plus ensuite "si ça marche". Selon M. Sarkozy, cette somme placera la France "parmi les vingt premiers investisseurs de long terme dans le monde".

 

Sur les 20 milliards d'euros, 14 milliards proviendront de la réunion des participations minoritaires de l'Etat (comme Air France, Renault ou encore une partie de France télécom) et de l'ensemble des participations stratégiques de la CDC (notamment celle dans Accor, Veolia, la cie des Alpes, Icade), à l'exception notable de ses 40% dans CNP Assurances ou ses 18% dans Dexia.

 

Les six autres milliards seront du cash, fourni à 50/50 par l'Etat et la CDC, financés par l'endettement, a-t-on précisé à l'Elysée. Le fonds n'a pas vocation à prendre le contrôle des entreprises auprès desquels il interviendra, et sa participation (d'un durée de deux à dix ans, selon l'Elysée) sera donc "minoritaire".

 

Sa vocation sera double: d'une part, conforter des entreprises ne trouvant pas sur le marché l'argent nécessaire à leur développement, et d'autre part "sécuriser le capital d'entreprises stratégiques". Son conseil d'administration comprendra sept membres: deux de la CDC, deux de l'Etat, deux personnalités qualifiées et son directeur-général. M. Sarkozy a dores et déjà annoncé la nomination de trois personnalités: l'actuel directeur général de CDC, Augustin de Romanet, sera président du conseil d'administration du fonds, Jean-François Dehecq (Sanofi-Aventis) est nommé président de son conseil d'orientation, et Patricia Barbizet (PPR) présidente de son comité d'investissement. "Gardien de la cohérence et de l'équilibre du fonds", le comité d'orientation doit pouvoir compter parmi ses membres "des représentants des syndicats", a également proposé le président. Enfin, le "fonds souverain à la française" pourra s'allier "avec des fonds souverains européens ou même étrangers, à partir du moment où c'est transparent". "Il y a des fonds souverains parfaitement respectables, européens ou pas", a-t-il insisté. Selon M. Sarkozy, qui a insisté sur sa volonté d'accomplir le programme sur lequel il avait été élu en 2007, il s'agit de "mettre l'argent public dans le travail". "La meilleure politique sociale, c'est celle qui permet de continuer à investir dans l'industrie. On met de l'argent au service du développement plutôt que dans dans des politiques dites sociales qui ne font que retarder le drame" des conséquences sociale de la crise, a-t-il dit. Enfin, M. Sarkozy annoncera "dans les prochaines semaines, "un plan de relance des infrastructures françaises", et "la mise en pratique concrète du concept de développement durable".
11月12日

Séduire les fonds souverains du Golfe, l'autre objectif

Signer des grands contrats d'infrastructures, exporter le chic français ne sont pas les seuls moyens de récupérer les milliards dépensés par la France en énergie. « Les pays du Golfe ne sont pas seulement des acheteurs gourmands, ce sont également des investisseurs stables et solides, présents dans le capital d'un certain nombre de nos entreprises depuis plusieurs dizaines d'années », explique Philippe Favre, le président de l'Agence française des investissements internationaux (Afii), qui a installé en octobre dernier un nouveau bureau dans la région du Golfe, à Abou Dhabi. Des investisseurs fidèles mais encore timides, puisque les montants acquis ne dépassent pas les 2 milliards d'euros. Une somme modeste en comparaison des 125 milliards d'investissements directs étrangers que la France a accueillis en 2007. « Il faut tout mettre en ?uvre pour les attirer en France, car leurs investissements permettent de créer ou de sauvegarder de nombreux emplois.

Ce sont des investisseurs qui connaissent bien la France. Concentrée depuis longtemps dans les secteurs de l'hôtellerie de luxe et de l'immobilier, leur stratégie d'investissement doit évoluer. Nous devons maintenant les inciter à investir dans l'industrie et les services, notamment via leurs fonds souverains. Pour y parvenir, il est important de faire un travail de pédagogie régulier, de leur indiquer les opportunités nouvelles que recèlent les entreprises tricolores, notamment grâce aux réformes engagées depuis deux ans », ajoute Philippe Favre.

A Londres, les fonds souverains du Golfe sont toujours les bienvenus

Depuis des années, les monarchies proche- orientales font main basse sur les joyaux britanniques

Le 2 novembre, lors d'une tournée dans les pays du Golfe, Gordon Brown a appelé à l'aide les monarchies de la région pour qu'elles apportent leur assistance aux pays affectés par la crise du crédit. Si officiellement le premier ministre britannique entendait par là une assistance au Fonds monétaire international, dans son esprit il s'agissait d'abord de recapitaliser les banques britanniques mal en point. M. Brown entendait épauler la proposition de Lloyds TSB de céder une participation de sa future fusion avec HBOS aux fonds souverains arabes. La Barclays avait montré l'exemple le 31 octobre en se faisant renflouer par le Qatar et Abu Dhabi au lieu d'accepter l'aide du Trésor de Sa Majesté.

Depuis des années, à coups de pétrodollars, les monarchies proche-orientales ont fait main basse sur les joyaux britanniques, de P & 0 à J. Sainsbury en passant par HSBC, Inchcape et le London Stock Exchange.

Les bruits charmeurs du tiroir-caisse réchauffent les oreilles du locataire du 10 Downing Street, qui fait beaucoup pour capter la part la plus importante possible de ces flux de capitaux à la recherche d'un placement rémunérateur. Si Barack Obama s'inquiète de l'influence de ces fonds, si le président Sarkozy s'est engagé à protéger les entreprises françaises de leur agression, outre-Manche, ces investissements " venus du désert " ne suscitent aucune controverse. Le nouveau ministre du commerce et des entreprises, Lord Mandelson, ancien commissaire européen, insiste pour que l'Union européenne, tentée par l'idée d'imposer des conditions à ces investisseurs, ne les décourage en aucun cas. A l'écouter, les fonds souverains font plus que jamais partie du paysage financier international. " S'il est justifié que le gouvernement travailliste réclame de la transparence, ce ne doit pas être une excuse au protectionnisme ", souligne le Times, résumant le sentiment général.

Comment expliquer cette bienveillance envers les investissements du Golfe, y compris dans des secteurs stratégiques, comme l'énergie, le transport maritime ou la défense ? " Ce sont des investisseurs passifs, pas très exigeants, qui, en général, ne se mêlent pas de la gestion ", explique un expert de la finance arabe pour justifier le démarchage de la Barclays auprès des grosses fortunes émiraties. Par ailleurs, l'establishment du royaume n'a jamais caché ses affinités avec ces anciennes colonies du Golfe, porte-drapeau de l'influence anglaise outre-mer. Le Foreign Office peut se vanter d'une longue tradition proarabe, héritée du colonel Lawrence. De surcroît, auprès de la Banque d'Angleterre, les Etats monarchiques bénéficient du vieux principe " d'immunité monarchique ", un sésame qui leur permet de ne pas payer d'impôts sur les gains en capitaux !

Les banques britanniques, en particulier HSBC, Barclays et Standard Chartered, tiennent le haut du pavé dans les places financières émergentes des émirats et en Arabie saoudite. L'ancienne puissance tutélaire et les ex-sujets de la reine ont en commun la langue anglaise, le régime monarchique et surtout les intérêts pétroliers et financiers. La City a toujours joué un rôle moteur dans le recyclage des pétrodollars. Barclays compte aujourd'hui sur la présence dans son capital à hauteur de 31 % de princes des sables pour lui faciliter l'obtention de mandats de financement des projets d'infrastructure spectaculaires qui foisonnent à l'est de Suez.

Le dernier élément de ce tropisme pro-Golfe est de permettre au Royaume-Uni, devenu une puissance moyenne, de garder des lambeaux de sa gloire impériale. " Les fonds souverains permettent au passage de garder ses distances avec la zone euro ", estime ainsi l'économiste Will Hutton.

La City a toujours été " une vieille fille permissive " pour reprendre l'expression du journaliste Anthony Sampson. L'accueil réservé aux milliardaires du pétrole témoigne de la continuité en ce domaine. Mais à une condition, que cette présence ne menace pas les intérêts de la Couronne. Sinon, c'est la guerre. La mésaventure du Koweit Investment Office, le KIO, lors de son acquisition de 20 % du capital de la major pétrolière BP en 1988, témoigne de ce feu rouge. Par crainte d'une emprise du Koweït sur les gisements de la mer du Nord, le gouvernement avait immédiatement ordonné une enquête. A la suite de sa publication, l'émirat avait été contraint de ramener sa part à 9,9 %.

Les fonds souverains devraient perdre de leur superbe

Morgan Stanley évalue désormais les actifs des fonds souverains d'ici 2015 à 9.700 milliards de dollars contre 11.900 milliards auparavant

Au vu de l’exacerbation de la crise financière et de la détérioration de l’environnement macroéconomique mondial, la montée en puissance des fonds souverains risque marquer le pas. Dans une étude, la banque d'affaires américaine Morgan Stanley, qui prévoyait en mai 2007 une croissance d’ici 2015 de ses actifs sous gestion à 11.900 milliards de dollars, a ramené son objectif à 9.700 milliards de dollars. La banque américaine, qui invoque plusieurs raisons à cette décision, prévoit notamment une perte, cette année, allant de 18 % à 25 % réalisée sur les papiers détenus par les fonds d’Etat. Le reflux de leurs encours, évalués début 2008 à 3.000 milliards de dollars, pourrait les ramener à quelque 2.500 milliards aujourd'hui, voire à 2.300 milliards. Cela étant, «certaines pertes pourraient être compensées si le prix des actifs sous-jacents se redresse», note la banque.

Mais avec des prix du pétrole bas et une baisse de l'appétit pour l’or noir, la croissance des fonds est forcément freinée. Avec un baril à 140 dollars, le chiffre d’affaires à l’export est de 2,5 milliards de dollars par jour, contre seulement 1,3 milliards avec un baril de 70 dollars. De plus, alors qu’une récession mondiale se profile à l’horizon, une possible compression du déficit courant américain et des entrées de capitaux vers les Etats souverains sont synonymes de tassement de la croissance de leurs réserves de change. Mis à part la Chine et le Japon, la quasi-totalité des pays émergents ont eu récemment recours à leurs réserves pour soutenir leurs devises et leurs bourses, ce qui exige au minimum, selon la banque, le renflouement des réserves à hauteur des montants utilisés dans les interventions monétaires. Pour autant, Morgan Stanley a reporté de 2011 à 2014 l'année à laquelle les actifs sous gestion des fonds égaleront, en volume, les réserves de changes. Ces dernières sont évaluées à 7.900 milliards de dollars en 2015, contre 9.700 milliards pour les actifs sous gestion.

Au bout du compte, Morgan Stanley fait toujours l’hypothèse que les fonds continueront de jouer un rôle de soutien aux actifs risqués. Pour autant, l’établissement évalue sérieusement la possibilité que certains d’entre eux soient contraints de ralentir le rythme de leurs achats de ce type d'actifs, voire dans les cas extrêmes de liquider une partie de leurs portefeuilles au cours de l’année à venir.

11月11日

Le Fonds stratégique d'investissement a son modèle

Avec les Chantiers de l'Atlantique, Nicolas Sarkozy choisit comme première intervention de son fonds d'investissement une entreprise jugée légitime car « stratégique ».

Une politique, cela s'incarne. Après le sauvetage de la banque en péril Dexia, Nicolas Sarkozy cherchait le dossier qui lui permettrait de donner corps à sa politique de soutien aux entreprises touchées par la crise, via le Fonds stratégique d'investissement créé le 23 octobre. En choisissant les Chantiers de l'Atlantique comme modèle étalon, le président de la République tente de répondre aux critiques qui ont émergé sur son interventionnisme tous azimuts et sa conception étatiste de l'économie. Fleuron industriel français de renommée mondiale, à forte implantation locale, dont l'avenir passe par un rapprochement avec les chantiers militaires, mais détenu par un constructeur coréen : les Chantiers de l'Atlantique disposent de tous les atouts « stratégiques » pour légitimer une intervention de l'Etat.

Audace et confiance

Message sous-jacent : la crise économique ne justifiera pas des prises de participation de l'Etat à l'aveugle. L'opération annoncée jeudi soir par l'Elysée n'est « pas liée à une situation de crise », a expliqué Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, sur France 3, « c'est la participation dans des secteurs que l'on considère comme stratégiques, à un niveau qui lui aussi est stratégique ». En l'occurrence, l'Etat entend à la fois garder le contrôle d'un « actif stratégique », qui participe à la construction de navires militaires, et soutenir « ses ambitions sur les bateaux de croisière et paquebots », explique-t-on à Bercy. D'où son attention à avoir obtenu une minorité de blocage, contrairement à ce qui avait été envisagé dans un schéma initial. « Cela veut dire qu'on a des exigences vis-à-vis de notre partenaire », a précisé Christine Lagarde.

Pour finir de légitimer la participation de l'Etat, le gouvernement Fillon a négocié « une clause de non-concurrence » garantissant le maintien de la construction de tous les paquebots exclusivement à Saint-Nazaire. Face à la frilosité persistante des banques en matière de crédit, Nicolas Sarkozy veut à travers cette prise de participation montrer que l'Etat est, lui, capable d'audace et de confiance économiques malgré la conjoncture, pour peu que l'entreprise visée en vaille la peine.

Des investisseurs financiers provisoirement affaiblis

En attendant le rebond des Bourses et des cours de l'or noir, les prises de participation se font plus rares

Les 33,34 % du capital des Chantiers de l'Atlantique que l'Etat français va acquérir, selon un communiqué de l'Elysée du 6 novembre, seront apportés en dotation au fonds stratégique d'investissement dont Nicolas Sarkozy a annoncé le 23 octobre la création " d'ici à la fin de l'année ". Cette opération " permettra à l'Etat de peser sur les grandes décisions de l'entreprise ", précise le ministère de l'économie. Sa minorité de blocage diluera à hauteur de 50,01 % la part de l'actionnaire majoritaire, le coréen STX, pourtant appelé à la rescousse en 2007.

Cette nationalisation partielle pourrait préfigurer le rôle - évoqué à trois reprises, le 8 janvier à Paris, le 5 juillet au Creusot et à nouveau le 21 octobre devant le Parlement européen - que le président de la République voudrait faire jouer à ce fonds géré par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) : protéger les fleurons de l'économie française des appétits d'investisseurs étrangers.

Il est vrai que le nombre de prises de participation significatives (supérieures à 10 % du capital) des fonds souverains des pays du Golfe ou d'Asie s'est multiplié ces dernières années. Le 22 octobre, l'entreprise d'ingénierie électrique Cegelec est passée sous le contrôle de la Qatar Investment Authority (QIA). De tels fonds sont aussi entrés au début de l'année dans le capital de Total (1,6 % au mois d'avril), en juin dans celui d'Alstom (2 %), en novembre dans celui de Suez Environnement (2,98 %). On estime à plus de 60 milliards de dollars les montants investis depuis janvier 2007 dans les banques occidentales (UBS, Citigroup, Merril Lynch, Morgan Stanley, Barclays). Anthony Leung, président pour la Chine du fonds d'investissement américain Blackstone, déclarait le 28 septembre que les investisseurs chinois se trouvent en face " d'une opportunité rare, comme il y en a une par siècle, d'acheter à bas prix des actifs stratégiques ". Amanda Staveley (PCP Capital Partners), qui a organisé l'injection de 4,3 milliards d'euros venus d'Abu Dhabi dans Barclays, a déclaré au Financial Times (7 novembre) que d'autres acquisitions étaient en préparation.

" Les fonds souverains détiennent les seules liquidités encore disponibles sur le marché ", confirme Jean-Paul Betbèze, économiste en chef du groupe Crédit agricole. Et tout le monde n'a pas les préventions de M. Sarkozy à leur égard : Robert Kimmitt, adjoint au secrétaire américain du Trésor, a fait, fin octobre, la tournée des pays du Golfe pour leur demander d'aider à la mise en oeuvre du plan de son patron, Paul Paulson ; Gordon Brown, premier ministre britannique, l'a suivi dans la région du 1er au 4 novembre afin de faciliter les deals entre émirs et banquiers de la City. Et la CDC, inquiète de ne pouvoir assumer seule la mission qu'entend lui confier le président de la République, solliciterait la participation de ces mêmes fonds... qu'il s'agit pourtant d'éloigner du capital des industries françaises !

Mais pour certains économistes, il n'est pas sûr que les fonds souverains se ruent avec tant d'ardeur sur les fleurons occidentaux. Benoît Cougnaud, maître de conférences à Sciences Po et consultant chez Azzuris (conseil en gestion du risque financier), a calculé que si, au second semestre 2007, ces fonds ont injecté 36 milliards de dollars dans les recapitalisations bancaires, soit 60 % du total sur la période, ils n'ont poursuivi au premier semestre 2008 qu'à hauteur de 21 milliards, représentant 7 % du total. Ils ont été échaudés par l'automne noir de la finance mondiale : les fonds souverains y auraient perdu de 500 à 700 milliards de dollars, selon une étude de Morgan Stanley parue le 6 novembre. Le Koweït Investment Authority (KIA) a dû, pour rassurer les marchés locaux, promettre qu'il ne participerait pas au sauvetage des banques américaines. " La priorité, a dit Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque centrale chinoise, est la stabilité de la devise, la création d'emplois et la croissance de la consommation. "

Comme leur nom l'indique, les fonds souverains se voient assigner d'autres missions par leurs propriétaires respectifs, les Etats, touchés à leur tour par la crise. Selon la Lettre des marchés émergents (novembre 2008) de la Française des placements, les marchés des actions ont perdu sur une année 55,5 % en Asie, 58,5 % en Europe de l'Est et Russie, 50,6 % en Amérique latine. Les monnaies sont attaquées : le real brésilien a chuté de 18 % face au dollar, le won coréen de 30,5 %, la livre turque de 24 %, le rand sud-africain de 30 %.

" Les fonds souverains ont été créés pour amortir les chocs économiques ", rappelle Hélène Raymond, professeur de finance internationale à l'université de Nanterre. Ils sont donc intervenus massivement pour soutenir la monnaie en Russie ; ils ont injecté d'abondantes liquidités pour soutenir les cours des Bourses locales, comme l'a fait le KIA le 8 octobre ; son homologue qatari a pris 10 % à 20 % du capital des banques nationales pour qu'elles continuent de financer les projets immobiliers ; le 11 octobre, le gouvernement des Emirats arabes unis a donné la garantie de l'Abu Dhabi Investment Authority (Adia) aux dépôts des banques du pays. Enfin, ces fonds seront sollicités pour compenser, dans les budgets nationaux 2009, les pertes engendrées par la chute des cours du pétrole ou des recettes d'exportation, ou encore pour financer les gigantesques plans de relance que concoctent les gouvernements. A cet égard, l'achat de parts dans des entreprises comme Suez Environnement, Total ou Cegelec, très présentes sur les marchés du Moyen-Orient, participent tout autant à la consolidation des économies locales qu'à un objectif financier.

Il n'est d'ailleurs pas certain que les marchés occidentaux, menacés par une récession longue " à la japonaise ", soient aussi alléchants pour des investisseurs à long terme, soumis à une obligation de contrôle des risques par son actionnaire, fût-il étatique.

Une étude du cabinet Monitor Group publiée en juin sur les acquisitions réalisées par les fonds souverains du Golfe depuis 2000 souligne que si 70 % de l'argent investi est placé en Europe et aux Etats-Unis, plus de la moitié des opérations sont situées dans les pays émergents ou en développement. Ces derniers sont même majoritaires pour les deals dans l'industrie. Enfin, parmi les acquisitions ayant débouché sur une prise de contrôle, seulement 18 % concernaient des entreprises occidentales. " La crise va inciter les fonds souverains à se replier vers les marchés nationaux et régionaux ", observe Hélène Raymond. Le protectionnisme n'a pas de frontières.

11月8日

La force de frappe des fonds souverains revue en baisse

La recherche de Morgan Stanley pense que les actifs des fonds souverains devraient atteindre 9.700 milliards de dollars en 2015, contre une estimation précédente de 11.900 milliards. La banque souligne que la chute des marchés pourrait avoir ramené la force de frappe des fonds à 2.300 milliards aujourd'hui, contre 3.000 milliards en début d'année. La baisse du prix des matières premières, le recul des exportations des pays émergents et la nécessité de reconstituer des réserves de change adéquates devraient aussi ralentir la progression des encours.
11月3日

Des fonds souverains chez Suez Environnement

Qatari Diar, BARWA et Qinvest ont pris près de 3% du capital de Suez Environnement, envisagent de se renforcer et souhaitent obtenir une représentation au conseil d'administration du groupe de services collectifs.

La société Q-West a annoncé ce lundi 3 novembre avoir acquis 2,98% du capital de Suez Environnement. Q-West une société commune du fonds souverain Qatari Diar, BARWA et de QInvest, la banque d'investissement de l'Etat du Qatar.

Les trois sociétés indiquent qu'elles ont en outre l'intention de se renforcer au capital de Suez Environnement et de demander un siège au conseil d'administration.

"Cette acquisition, qui constitue un investissement de long terme, s'inscrit dans le cadre du partenariat stratégique de Qatari Diar et BARWA avec le groupe GDF Suez, et de leur coentreprise récemment créée pour répondre au développement de villes nouvelles au Qatar et dans la région", annoncent les trois sociétés dans un communiqué.

10月31日

Barclays cède un tiers de son capital au Golfe pour éviter le gouvernement britannique

La banque britannique Barclays a annoncé vendredi une nouvelle levée de fonds de plus de 9 milliards d'euros, qui donnera plus de 30% de son capital au Qatar et à Abou Dhabi, préférant ce scénario à celui de l'entrée du gouvernement.

Pour se conformer aux nouvelles obligations de capital énoncées par l'autorité britannique des marchés financiers (FSA), Barclays avait annoncé qu'elle ferait en sorte de se débrouiller seule, comme Abbey (Santander), Standard Chartered ou HSBC.

Elle va lever 7,3 milliards de livres via notamment des actions préférentielles assorties d'un coûteux coupon de 14% par an payable jusqu'en juin 2019.

Cheikh Mansour ben Zayed al-Nahyan, membre de la famille régnante d'Abou Dhabi, déjà connu au Royaume-Uni pour posséder le club de football de Manchester City, apportera 3,5 milliards de livres et a souscrit 1,5 milliard de livres d'options supplémentaires.

Il devient le premier actionnaire de Barclays avec potentiellement 16,3% du capital.

Le fonds souverain du Qatar, jusqu'alors premier actionnaire, mettra deux milliards de livres dans l'opération, et une option d'achat d'1,5 milliard de livres, ce qui peut lui donner jusqu'à 12,7% de la banque.

Enfin le fonds qatari Challenger, qui appartient à la famille du Premier ministre Hamad ben Jassem ben Jabr al-Thani, investira 300 millions de livres, se retrouvant avec 2,8% du capital.

Cela fait un total de 31,8% pour les pays du Golfe. Barclays va aussi lancer un placement accéléré d'1,5 milliard de livres d'autres actions, auprès des institutionnels.

Contrairement à RBS par exemple, qui a levé au printemps 12 milliards de livres en s'adressant à l'ensemble de ses actionnaires, Barclays a pris l'habitude de cibler des investisseurs orientaux.

Elle s'est ainsi adressée au fonds souverain singapourien Temasek et à la China Development Bank (CDB) l'an dernier quand elle tentait d'acheter la néerlandaise ABN Amro, finalement emportée par Royal Bank of Scotland (RBS), Santander et Fortis.

CDB et Temasek possèdent respectivement 3% et 1,6% de Barclays.

Les mêmes ont participé, avec la banque japonaise Sumitomo Mitsui et déjà le Qatar et le fonds Challenger, à une précédente levée de 4,5 milliards de livres en juillet.

Le directeur général John Varley s'est félicité "de la poursuite du soutien de Qatar Holding et de Challenger", et a "salué l'arrivée" du cheikh al-Nahyan, et le président Marcus Agius a remarqué que Barclays avait voulu agir "sans retard" et restait grâce à cette opération "forte, indépendante et bien capitalisée".

Le ratio +tier one+ passe ainsi en effet à un confortable 11,3%. Mais les analystes ont jugé le prix à payer élevé. "C'est bien que Barclays ait renforcé ses ratios de capital, c'est juste le coût qui nous inquiète", a noté Sandy Chen de Panmure Gordon. Barclays a plongé en Bourse.

Barclays a expliqué que la fiscalité permettrait de réduire à 10% la rémunération réelle des actions préférentielles. "Bien sûr, il y a un compromis (à faire) a noté M. Varley. Mais comme notre ligne directrice est (...) la valeur pour les actionnaires, le mieux est d'avoir une complète flexibilité en terme d'indépendance".

Au contraire, Lloyds TSB et HBOS (en voie de fusion) et RBS, qui vont recevoir pour leur part un total de 37 milliards de livres publiques, mais assorties d'obligations, ne pourront pas verser des dividendes pendant cinq ans.

Les investisseurs orientaux ne sont pas une nouveauté au Royaume-Uni. Le Qatar possède ainsi 25% des supermarchés Sainsbury. Le London Stock Exchange, la Bourse de Londres, est possédé à 20% par la Bourse de Dubai et à 15% par le Qatar.

10月29日

Un code de bonne conduite pour calmer les inquiétudes

Les fonds souverains appartiennent-ils, aux côtés des paradis fiscaux et des hedge funds, à ce « trou noir » de la finance mondiale dénoncé par François Fillon ? Leur nombre évolue en permanence, leurs actifs sont « estimés », leurs participations sont souvent mal connues, leur statut varie d'un pays à l'autre. Certains fonds sont spécialisés dans un secteur. C'est le cas de Qatari Diar, bras armé dans l'immobilier de l'émirat du Qatar, qui a investi une soixantaine de milliards de dollars ces trois dernières années, notamment en France. D'autres fonctionnent comme de classiques fonds d'investissement...

Face aux inquiétudes que suscite leur montée en puissance dans les groupes occidentaux, les plus grands fonds souverains font preuve de bonne volonté. Début septembre, deux douzaines d'entre eux se sont mis d'accord, sous l'égide du Fonds monétaire international, sur les « principes de Santiago » , une forme de code de bonne conduite. L'adoption « sans contrainte » de ce code prévoit notamment que les fonds s'engagent à se conformer aux obligations de communication des pays dans lesquels ils investissent ; de contribuer au maintien de la stabilité du système financier mondial et de la libre circulation des capitaux et des investissements. Ou encore de se doter de structures de gouvernance saines et transparentes.

Coopératifs, les fonds souverains refusent néanmoins de devenir des boucs émissaires alors que les fonds spéculatifs, beaucoup plus déstabilisants, échappent à toute réglementation. En début d'année, une levée de boucliers avait accueilli la publication d'une série de mesures très détaillées par la Commission européenne qui planchait aussi sur un code de bonne conduite, contraignant cette dernière à faire machine arrière.

Les fonds souverains passent à l'offensive

Peu connus il y a encore trois ans, ces fonds d'État d'Asie et du Proche-Orient viennent de réaliser de gros investissements dans des banques occidentales. Leur puissance inquiète.

ACCUEILLIS en quasi-sauveur de la finance occidentale il y a quelques mois lors de leurs investissements chez Morgan Stanley, Barclays, Citigroup, Merrill Lynch ou UBS, les fonds souverains n'ont pas été payés en retour. Non seulement la valeur de leurs participations bancaires avait, à la mi-octobre, perdu entre 20 % et 66 %. Mais surtout, la réactivité dont ces fonds d'État ont fait preuve au moment où la paralysie des marchés du crédit menaçait gravement la santé des grandes maisons de Wall Street a affolé la vieille Europe.

L'Italie soupçonne aujourd'hui les pays du Moyen-Orient de faire une razzia parmi ses entreprises décotées à la Bourse de Milan, via le bras armé que constituent leurs « sovereign wealth funds » . L'Allemagne, qui se dit « ouverte aux capitaux du monde entier » , a adopté en août dernier une série de mesures protégeant ses entreprises des investisseurs basés hors d'Europe. Quant à la France qui vient de créer son propre fonds d'investissement public, elle rêve de voir ses voisins l'imiter pour protéger leur industrie des appétits étrangers.

On ne prête qu'aux riches. De même qu'ils n'ont pas attendu la crise du subprime pour s'intéresser aux entreprises occidentales, les fonds souverains n'ont ni l'intention ni les moyens de «  racheter » l'Occident. Chargés de faire fructifier une partie des recettes d'exportation ou budgétaires de grands pays du Moyen-Orient et d'Asie notamment, leurs actifs sont évalués autour de 3 500 milliards de dollars, à comparer aux quelque 22 000 milliards gérés par les fonds de pension à travers le monde. Nés dans les pays du Golfe, connus jusqu'à présent pour leur... discrétion, ces fonds doivent avant tout financer l'après-pétrole, les retraites des fonctionnaires, le développement des infrastructures de leurs pays.

Qui avait entendu parler d'Adia, le plus riche d'entre eux (875 milliards de dollars sous gestion) jusqu'à ce que ce fonds d'Abu Dhabi entre au capital de Citigroup ? Combien savent que le numéro deux mondial, le norvégien GPFN (400 milliards) est aussi le deuxième fonds d'investissement le plus présent dans l'indice CAC 40, et le premier étranger ?

Pillage du savoir-faire

Généralement inférieures à 10 % du capital des groupes dans lesquels ils investissent, leurs participations ne poussent pas les fonds souverains à réclamer un représentant au conseil d'administration, ou à influer sur la stratégie des entreprises même s'ils y restent longtemps. Si l'Occident les intéresse, c'est d'abord parce que leurs marchés offrent un large éventail de grandes sociétés au capital liquide, couvrant tous les secteurs de l'économie. Il est vrai que, ces derniers mois, l'activité des « sovereign wealth funds » est devenue débordante. Les deux tiers des opérations qu'ils ont réalisées entre 1995 et 2008 ont eu lieu depuis mi-2007 du fait de leurs emplettes dans la banque, confirme la Deutsche Bank dans une étude récente.

La naissance de fonds souverains chinois et russe est un autre motif d'anxiété pour les pays occidentaux, qui redoutent la tournure politique que pourraient prendre leurs investissements, et un pillage de leur savoir-faire technologique. Dans la pratique, retoquée lors de sa tentative de rachat de la compagnie pétrolière américaine Unocal il y a trois ans, la Chine s'est pour l'instant contentée de - coûteuses - participations financières et d'une série de mises de fonds ponctuelles dans de grands groupes industriels. Quant à la Russie aujourd'hui affaiblie par l'effondrement des prix du pétrole et une grave crise bancaire à domicile, elle ronge son frein.

Enfin, si les pays occidentaux affichent haut et fort, et à juste titre, leur souci de protéger leurs « secteurs stratégiques », dans les faits ces derniers ne sont pas particulièrement la cible des convoitises. Soit parce que leur capital est verrouillé d'une manière ou d'une autre, soit parce qu'ils n'offrent pas un rendement ou des perspectives suffisants. La seule transaction recensée dans la défense et l'aéronautique concerne l'européen EADS, avec l'entrée du fonds Dubaï International Capital à hauteur de 3,12 % l'an dernier.

Ni anges ni démons, les fonds souverains sont surtout devenus incontournables. Parce qu'ils sont de plus en plus riches - leurs actifs pourraient atteindre entre 10 000 et 12 000 milliards de dollars d'ici à 5 ans -, leurs investissements seront forcément de plus en plus visibles.

« C'est nous qui sommes allés les chercher »

Deviendront-ils pour autant hostiles ? « C'est nous qui sommes allés le chercher » , commentait en avril dernier Christophe de Margerie, le patron de Total, à l'annonce de l'entrée du fonds chinois CIC dans son tour de table à hauteur d'environ 1,3 %. « Les fonds souverains placent leurs liquidités dans des actifs rentables et de long terme », se félicitait alors le groupe français. En précisant tout de même avoir demandé à la Chine de ne pas grimper au-delà d'environ 3 % de son capital.

La déroute bancaire et boursière qu'ils ont subie ces dernières semaines pourrait bien avoir calmé les ardeurs des fonds souverains. Sans même parler des réactions protectionnistes suscitées par leurs investissements. L'Europe qui tente en ordre dispersé de mettre ses entreprises à l'abri, ne peut nier que ces fonds ont été des pourvoyeurs de capitaux aux reins suffisamment solides pour ne pas s'enfuir à la première bourrasque. Et qu'à ce titre ils ne font pas partie des actionnaires les plus insupportables ou les moins coopératifs.

Les pays du Golfe réexaminent leurs investissements à l'étranger

La deuxième banque du Koweit a fait état de pertes, non chiffrées. Les bourses locales se sont aussi effondrées

Les banques du Golfe aussi…Les autorités koweïtiennes sont intervenues dimanche pour soutenir la Gulf Bank, la deuxième banque de l’Emirat, fragilisée par des pertes sur le marchés des produits dérivés et des dépréciations d'actifs.Un groupe de travail qui a été formé, et dont les décisions sont exécutoires, aura la charge de "suivre et de remédier aux retombées de la crise économique mondiale sur la situation économique au Koweït", a indiqué le Conseil des ministres dans un communiqué cité par l'agence officielle Kuna. Le gouvernement avait annoncé peu auparavant qu'il allait soumettre rapidement un projet de loi au Parlement "pour garantir les dépôts dans les banques locales", dans une démarche destinée à renforcer la confiance dans le système financier de l'Etat.

C'est la première fois que les autorités font savoir qu'une banque koweïtienne avait subi les contrecoups de la crise financière mondiale.

Le 12 octobre, le gouvernement des Emirats arabes unis avait décidé de garantir, pendant 3 ans, les dépôts dans les banques locales et étrangères effectuant d'"importantes opérations" financières ainsi que les prêts interbancaires.

Les mesures gouvernementales interviennent alors que les Bourses du Golfe, ouvertes le dimanche, se sont effondrées: une chute de plus de 8% au Qatar et à Oman et de 5,53% à Doubaï. En Arabie saoudite, l'indice TASI a cédé 1,83% après avoir dévissé de 8,7% la veille.

Réunis en urgence samedi à Ryad, les ministres des Finances et les gouverneurs de banques centrales des pays arabes du Golfe, réunis samedi en Arabie saoudite, ont envisagé de réorienter une partie de leurs investissements à l'étranger vers les banques et places boursières de la région afin de les soutenir, rapporte la chaîne al Arabiya.

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et Oman, qui forment le Conseil de coopération du Golfe (CCG), ont jusqu'ici adopté des mesures séparées afin d'apaiser la crise de liquidités dans leur secteur bancaire.

Les Etats du Golfe vont "réexaminer" leurs investissements à l'étranger et toute réaffectation des investissements du Golfe vers les marchés locaux risque d'inquiéter les banques et les entreprises occidentales, qui voient notamment dans les énormes capitaux des fonds souverains de la région une importante source de liquidités.

10月26日

Spécial loi de finances et défiscalisation; Le rêve européen de fonds souverains

La crise financière agit comme un aiguillon sur les ambitions de notre Président. Voilà qu'il imagine aujourd'hui la création de fonds souverains européens à l'instar de ceux qui font florès dans les pays du Moyen-Orient ou encore en Asie. Il faut dire que le krach boursier a rendu les cours de nombre d'entreprises stratégiques et symboliques extrêmement attrayants. « Nous avons un certain nombre de groupes européens dont la valeur est le tiers de ce qu'elle était il y a six mois », a déclaré Nicolas Sarkozy mardi 21 octobre devant les parlementaires de l'UE réunis à Strasbourg.

Aujourd'hui, les investisseurs ont plutôt tendance à mettre à profit les rebonds des marchés pour se défaire de leurs titres ou récupérer les liquidités qui font encore cruellement défaut. Demain, ils recommenceront sérieusement à faire leur marché à bon compte. Et, comme d'habitude, ce sont les plus gros institutionnels qui devraient faire les meilleures affaires. Mais, parmi les zinzins, il faudra compter de nouveaux joueurs : ces fameux fonds souverains qui ont déjà réalisé quelques emplettes un peu partout dans le monde. Selon le rapport de la commission des Finances du Sénat du 15 mai 2008, un fonds de Dubaï (ICD) a acquis 3,1 % d'EADS, Quia (fonds Qatar) possède 5,1 % de Lagardère, le fonds chinois Safe détient 1,6 % de Total... Et ce n'est qu'un début.

Nicolas Sarkozy en est bien conscient et c'est pour cela qu'il incite les Etats européens à réfléchir à l'opportunité de créer des fonds souverains nationaux.

L'idée est intéressante, reste que les Etats qui disposent de cette nouvelle arme fatale ont accumulé depuis des années des milliards d'actifs, réserves de change et recettes pétrolières. Nous ne disposons pas du premier euro susceptible d'alimenter d'hypothétiques fonds souverains européens. L'alternative serait de constituer dès aujourd'hui, alors que les conditions sont des plus favorables, des fonds de pension à la française qui permettraient à la fois de renforcer le capital de nos entreprises et d'encourager l'épargne-retraite investie en actions. En augmentant l'impôt sur les plus-values et dividendes, qui passera à 30,1 % en 2009, l'Etat français n'en prend pas le chemin.