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8月31日 G20 : Berlin veut faire payer les marchés financiers pour la criseLe ministre allemand des Finances a demandé lundi au Groupe des vingt premières puissances économiques mondiales (G20) de faire payer aux marchés financiers une partie du coût de la crise économique internationale, selon un courrier dont l'AFP a eu copie. "Je veux discuter avec vous de la manière dont nous pouvons demander, de manière coordonnée et à l'échelle internationale, une plus forte contribution des marchés financiers au financement des immenses coûts de la crise", écrit Peer Steinbrück dans cette lettre à ses homologues, en préparation du G20 des ministres des Finances du 4 et 5 septembre à Londres. Le G20 se réunira ensuite au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement à Pittsburgh. Dans sa lettre, M. Steinbrück remet aussi sur la table un thème cher à l'Allemagne: la nécessité de coordonner l'abandon des politiques de relance budgétaire massive adoptées pour combattre la crise, ce que Berlin appelle les "stratégies de sortie". "Il faut convenir de principes communs de sortie" pour "éviter des distorsions de concurrence au niveau international", juge le ministre allemand, qui reconnaît toutefois qu'il convient de "prendre en compte les particularités de chaque Etat". En clair, l'Allemagne, qui veut s'attaquer rapidement aux déficits budgétaires nés de la relance, craint d'être désavantagée si d'autres grands pays continuent au contraire à soutenir leur économie. Enfin, M. Steinbrück fait une liste de propositions visant à encadrer la rémunération et les bonus des banquiers. Il préconise en particulier de limiter au niveau international la proportion de la rémunération variable, c'est-à-dire le bonus, par rapport au salaire fixe dans le revenu d'un banquier de haut rang. Le ministre allemand veut aussi forcer les banquiers à conserver pendant au moins quatre ans les options sur actions qui leur sont offertes à titre de rémunération, pour les empêcher de se focaliser seulement sur les gains à court terme. La chute de l'investissement manufacturier aurait déjà entraîné 55 000 pertes nettes d'emploiL'investissement manufacturier devrait enregistrer une chute record de 23 % cette année, d'après les industriels interrogés par l'Insee. Une baisse qui, selon l'Observatoire de l'investissement, aurait d'ores et déjà entraîné une perte nette de près de 55 000 emplois.
Les espoirs de reprise de l'activité de ces dernières semaines ont été quelque peu douchés à la veille du week-end. Selon l'Insee en effet, les industriels français ont de nouveau revu à la baisse leurs prévisions d'investissements pour l'année en cours. Ceux-ci devraient enregistrer une chute record de 21 % dans l'ensemble de l'industrie, selon l'enquête trimestrielle de l'institut. Pour le seul secteur manufacturier, la chute devrait même atteindre 23 % en 2009. Après une année 2008 de stagnation. Des chiffres bien plus noirs que ceux, déjà inquiétants, publiés au mois d'avril dernier lors de la précédente enquête de l'Insee. A l'époque, les chefs d'entreprise annonçaient des baisses de 18 % pour l'ensemble de l'industrie et de 21 % pour le seul secteur manufacturier. C'est avant tout la dégradation des plans d'investissements dans les secteurs des biens intermédiaires et de ceux d'équipement qui explique les mauvais résultats de cette enquête. Ces deux secteurs subissent désormais le contrecoup de la crise économique. C'est particulièrement vrai pour les biens d'équipement, qui annonçaient encore une stabilisation de leurs dépenses au printemps, mais prévoient désormais un repli de 9 %. Tandis que les professionnels des biens intermédiaires s'enfoncent dans la morosité avec une baisse annoncée de 33 %. Seuls les industriels du secteur automobile, qui ont bénéficié des mesures de relance gouvernementale telles que la prime à la casse, revoient leurs anticipations à la hausse. Mais cette bouffée d'optimisme est toute relative puisqu'ils prévoient toujours une chute de 18 % de leurs investissements sur l'ensemble de l'année. Trois secteurs investissentTout risque en fait de se jouer à la rentrée. « Après une forte dégradation au mois de mai dernier, j'ai le sentiment que les choses ont été un peu mieux au cours des mois de juin, juillet et août », estime David Cousquer. Ancien directeur des études de l'Afii (Agence française pour les investissements internationaux), il a créé au printemps un observatoire qui recense les projets d'investissements et de désinvestissements dans l'Hexagone. Depuis le 1 janvier, David Cousquer a ainsi comptabilisé dans le secteur manufacturier 263 annonces positives - investissements nouveaux ou extensions de sites - et 908 négatives - fermetures de sites ou réductions d'effectifs - dont 63 seulement sont imputables à des opérations de délocalisation. « Cela correspond à une perte nette de 55.021 emplois », estime David Cousquer en faisant la part entre ceux qui ont été créés (21.685) et ceux qui ont été détruits (76.706). Selon cet Observatoire de l'investissement, seuls trois secteurs ont continué à investir cette année en créant des emplois : la construction aéronautique et spatiale (grâce notamment à un site d'assemblage de l'Airbus A350), la fabrication de boissons et aussi ce que l'Insee regroupe sous le vocable « autres industries manufacturières ». « Il s'agit principalement de projets de fabrication de panneaux solaires », explique David Cousquer, en précisant qu'à l'autre extrême « l'industrie automobile perd près de 14.000 emplois nets, soit près du quart des emplois perdus, tandis que la production de matériel informatique, électronique et optique en perd plus de 6.000 ». Les doutes grandissent sur la solidité de la reprise économique mondialeLa publication, désormais récurrente, de statistiques économiques encourageantes pousse les marchés financiers à une euphorie qu'ils n'avaient pas connue depuis plus de deux ans. Pourtant, les économistes pointent du doigt les nombreux risques qui pèsent sur la reprise.
Simple feu de paille ou retour durable de la croissance ? Depuis quelques semaines, l'optimisme s'est installé sur la planète économique. Les indicateurs avancés de conjoncture surprennent les économistes agréablement, la production industrielle se redresse, au point que certains pays, comme l'Allemagne, la France et le Japon, ont affiché des croissances économiques positives au deuxième trimestre. Il n'en fallait pas plus pour doper des marchés financiers habitués à la morosité depuis la mi-2007. Ayant retrouvé des couleurs en mars, ces derniers atteignent actuellement des plus hauts sur l'année 2009. Nouvelle manifestation de l'exubérance irrationnelle des marchés ou euphorie légitime ? Pour Véronique Riches-Flores, qui dirige les études économiques à la Société Générale, il n'y a pas que de l'irrationalité dans cette réaction d'enthousiasme. Compte tenu de la violence sans précédent du choc qu'a connu l'économie mondiale, « de simples rebonds techniques vont conduire à des ajustements économiques rapides qui nous surprendront positivement ». Après des mois de déstockage, les entreprises n'ont pas d'autre choix que de se remettre à produire, quand bien même ce serait à des niveaux plus faibles qu'avant la crise. Le secteur automobile, dopé par les plans de relance y compris dans les pays émergents, agit aussi comme un accélérateur de croissance. Trop conscients de l'importance du soutien à ce secteur, les gouvernements ne vont probablement pas retirer du jour au lendemain leurs aides. Conclusion de Véronique Riches-Flores : « Nous allons connaître quelques mois spectaculaires. » « Une poussée d'adrénaline »Mais les économistes sont unanimes à pointer les risques qui pèsent sur l'économie mondiale à moyen terme. Si Pierre Cailleteau, le chef économiste de l'agence Moody's, n'en veut pas aux marchés de connaître « une poussée d'adrénaline au moment où le monde découvre qu'après un choc majeur il est toujours vivant » , il pointe du doigt la question du crédit : va-t-il repartir ? Les dernières statistiques en provenance d'Europe ne sont pas rassurantes sur ce point (« Les Echos » du 28-29 août). Or, sans reprise substantielle du crédit, l'investissement ne pourra pas redémarrer et le secteur privé ne prendra pas le relais de la croissance. Les ménages, de leur côté, risquent de ne plus être à la hauteur. Si leur consommation a remarquablement résisté à la tempête au premier semestre, c'est « en bonne partie grâce à la désinflation » , note Sylvain Broyer, qui dirige les études économiques chez Natixis. Le monde a profité de la baisse du baril de brut, qui a soutenu le pouvoir d'achat dans un contexte où le chômage augmentait. Mais Véronique Riches-Flores a calculé que « le pouvoir d'achat devrait repartir à la baisse dès le quatrième trimestre 2009 ». Car la désinflation touche à sa fin. Les mois qui viennent verront les prix et le chômage repartir à la hausse. La consommation n'en sortira pas indemne. Enfin, la question des finances publiques est probablement la plus épineuse. Les Etats ont investi 2.900 milliards de dollars, soit 5,3 % du PIB mondial, pour soutenir l'activité. Peu d'économistes critiquent cette injection massive d'argent, tant elle était indispensable pour empêcher l'effondrement du système. Au moins ce scénario catastrophe a-t-il été évité et c'est là « la véritable bonne nouvelle », estime Sylvain Broyer. Mais son résultat est l'envolée de l'endettement public. Si certains pays, comme la Chine, ont de la marge en la matière, ce n'est le cas d'aucun des grands pays développés. Plus dur sera l'ajustement. Pour Pierre Cailleteau, « cela va rendre encore plus indispensables les réformes que les pays développés repoussent depuis vingt ans, comme celle des retraites ». Entre chômage élevé et diminution de la marge de manoeuvre des Etats, le scénario qui se profile n'est pas enthousiasmant. Reste éventuellement une planche de salut : la dynamique des grands pays émergents. Encore faut-il remarquer que le rebond constaté en Chine, au Brésil et en Inde « tient beaucoup à la relance du secteur automobile, qui est elle-même assez autocentrée et génère peu de flux commerciaux », constate Véronique Riches-Flores. Conclusion de cette dernière : « Le pire est derrière nous... mais le plus dur est devant. » 8月29日 Le gendarme des marchés britannique propose de taxer les bonusAdair Turner prône une «reconstruction massive du système de régulation financier mondial»
C’est un allié inattendu que la France a trouvé dans sa bataille contre les bonus. Le chef de l'Autorité britannique des services financiers (FSA), Adair Turner, s'est déclaré personnellement favorable à une taxe sur les transactions. Dans une table ronde avec des économistes publiée jeudi par le magazine Prospect, sous le titre «Comment dompter la finance mondiale?», il évoque une City qui a grandi «au delà du raisonnable», et dont une partie de l'activité est «socialement inutile». Une taxe Tobin envisagée «Si vous voulez faire cesser les rémunérations excessives dans un secteur financier hypertrophié, (vous pouvez augmenter l'exigence de capital) et si ça ne suffit pas, j'envisagerais bien volontiers des taxes sur les transactions financières, des taxes Tobin», indique-t-il. C’est l'économiste américain James Tobin qui avait imaginé une telle taxe au début des années 70. Le but: décourager la spéculation et soutenir les pays pauvres. Mais elle n'a jamais vu le jour, devant l'opposition des milieux financiers mondiaux. L'ancien président français Jacques Chirac est à l'origine d'une des seules concrétisations partielles de cette idée, la taxe sur les billets d'avion afin de financer l'achat de médicaments pour les pays pauvres. Réactions courroucées à la City Mais l’idée ne fait pas l’unanimité en Grande-Bretagne. L'Association des banquiers britanniques (BBA), première concernée par cette mesure, a noté que «plus de la moitié des 336 banques opérant au Royaume-Uni venaient d'autres pays». Elle a appelé à ne pas faire fuir cette manne «avec une mauvaise régulation ou de mauvaises taxes». Le maire conservateur de Londres Boris Johnson a jugé qu'une taxe Tobin serait «dommageable», soulignant que la City fournissait des emplois et des impôts qui soutiennent l'éducation et la santé dans le pays. Si le Guardian, journal de gauche, criait «Hourrah» vendredi, Howard Wheeldon, économiste au cabinet BGC Partners, dénonçait une «idée stupide» qui marquerait «la fin du Royaume-Uni». Une taxe qui n’est pas pour tout de suite Une taxe Tobin dans la City ne semble ainsi pas imminente. La FSA elle-même a noté que les propos de son président étaient «extraits d'une table ronde et n'étaient pas l'expression d'une nouvelle politique» de l'Autorité. Quant au ministère des Finances, il a réagi froidement: «Les taxes sont l'affaire du Chancelier (le ministre des Finances Alistair Darling, ndlr). Les ministres des Finances du G20 discuteront des bonus qui ont mis en danger le système bancaire la semaine prochaine à Londres». Alistair Darling a pour sa part déjà indiqué qu'il était prêt à légiférer pour aller un peu plus loin que les régulateurs. Les ministres des Finances du G20 doivent se réunir les 4 et 5 septembre à Londres, avant le G20 des chefs d'Etats les 24 et 25 septembre à Pittsburgh. 8月28日 Société Générale : les traders s'estiment « pas assez payés »Les salariés des salles de marché de la banque de financement et d'investissement de la Société Générale (SG CIB) considèrent qu'ils ne sont pas suffisamment payés, d'après une étude réalisée par le cabinet d'experts Technologia pour le comité central d'entreprise de la SG. L'étude, révélée vendredi par le quotidien Le Parisien et que s'est procurée l'AFP, a été rendue en janvier dernier et présentée en CCE en juin. Elle avait été commandée après la révélation de l'affaire Kerviel. "Chacun considère que SG CIB ne paye pas suffisamment, et que les salaires sont globalement +en dessous du marché+", écrivent ses auteurs, qui ont mené une cinquantaine d'entretiens avec des salariés et soumis un questionnaire auquel près de 800 ont répondu. "Une majorité des répondants (59,9%) du middle office (interface entre les activités dites de front office et celles de back office) et du back office (64,3%, suivi administratif et comptable des opérations) ainsi qu'une grande partie des répondants du front office (41%, où officient les traders) considèrent que les bonus ne sont pas en rapport avec ce qu'ils font gagner à l'entreprise", d'après le rapport. Les bonus peuvent s'élever de 2 à 3.000 euros par an pour un gestionnaire de back office, à 800 ou 900.000 euros pour un trader si le marché est porteur, davantage pour un manager en position supérieure. "La très grande majorité des interviewés" s'accordent sur "le manque de transparence et le flou qui entourent les critères d'évaluation du salarié qui vont peser sur la détermination du bonus", ajoutent les auteurs. Le bonus discrétionnaire "induit selon les salariés une forme d'opacité qui peut conduire à la méfiance et à la suspicion", ce qui "tend à casser le collectif" et peut "engendrer des formes de copinage avec la hiérarchie", notent-ils. Le bonus est cependant un "élément moteur" du travail de la quasi-totalité des salariés. Interrogée par l'AFP, la CGT de la Société Générale a dit "ressentir des choses différentes chez le personnel que ce qui est avancé". "Les salariés qui travaillent dans les salles de marché admettent désormais que leur rémunération et leurs bonus baissent, même si forcément ça ne les emballe pas", d'après un délégué. En outre, Technologia préconise d'améliorer "les relations sociales entre le front office et les fonctions support", peu valorisées, et d'augmenter les "perspectives salariales" de celles-ci. Après la révélation de l'affaire Kerviel, la Société Générale avait lancé un plan de réforme des pratiques de son activité banque de financement et d'investissement, baptisé "fighting back". Le plan ne formule pas de propositions concrètes sur les rémunérations, mais, selon la CFDT, "pour l'essentiel, il répond aux points soulevés par le rapport", notamment en matière de prise en compte et de contrôle du risque. Les banques françaises ont pris mardi de nouveaux engagements sur les bonus de leurs salariés à l'occasion d'une réunion à l'Elysée. Les Américains fantasment toujours sur la cuisine françaiseCet été, un livre de bonnes vieilles recettes hexagonale s'est hissé en tête des ventes aux Etats-Unis...
Les Américains combattent-ils leur angoisse de la crise en se réfugiant dans le boeuf bourguignon? Oui, à en croire le succès en librairie du livre «Mastering the Art of French Cooking», un pavé de 752 pages proposant des recettes qui fleurent bon le terroir et paru en... 1961. En une seule semaine, le livre, écrit par une Américaine et deux Françaises, s’est écoulé à 22.000 exemplaires et devrait se hisser en tête des meilleures ventes de livres en août. La bouillabaisse, le pot-au-feu et le cassoulet, autant de nouvelles valeurs refuges? «French paradox» Pas seulement. Car l’engouement des Américains pour la cuisine française n’est pas nouveau. Outre la qualité de sa gastronomie, reconnue mondialement, la cuisine française entretient un mythe: celui du fameux "French paradox", qui désigne une apparente contradiction entre la pratique alimentaire, plutôt riche car au beurre, des Français et leur bonne santé. A cela s’ajoute le succès d’un autre livre, qui pointe un autre paradoxe. Dans «French Women Don’t Get Fat» («Les Françaises ne grossissent pas»), l’auteur française Mireille Guiliano explique pourquoi, selon elle, le mode de vie hexagonal permet de conserver la ligne tout en concoctant des petits plats dopés au beurre ou à la crème, entretenant ainsi le mythe de la Française svelte qui sait «manger intelligent». Leçons de vie Le livre, paru en 2005, est un succès traduit en 37 langues et qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires aux Etats-Unis. Plus qu’un livre de recettes, ce livre est une invitation à revoir entièrement son mode de vie et sa façon d’aborder la cuisine. Comme par exemple mieux structurer ses repas (avec entrée, plat, dessert) ou encore avoir la main légère sur les portions. Des leçons de vie que les Américains semblent avoir retenus. Le Cac 40 à son plus haut de l'annéeSoutenue par des publications d'entreprises et statistiques rassurantes, la Bourse de Paris s'affranchit du seuil des 3.700 points pour la première fois depuis près de 11 mois, pour toucher 3705,77 points au plus haut de la séance. A 14 heures, le Cac 40 gagne 1,38% à 3.698 points. Deux statistiques sont attendues aux Etats-Unis.
Les marchés d'actions européens signent de nouveaux plus hauts annuels ce vendredi, portés par des statistiques et des résultats d'entreprises encourageants. Pour la première fois depuis le 8 octobre 2008, le Cac 40 s'affranchit des 3.700 points. A 14 heures, l'indice vedette du marché parisien gagne 1,38% à 3.698 points, après avoir touché 3.705,77 points. Le volume d'affaires s'élève à 1,41 milliard d'euros. A Londres, le Footsie progresse de 1,03% à 4.919 points et, à Francfort, le Dax prend 1,38% à 5.545 points. Dans la zone euro, le sentiment économique général s'est amélioré plus que prévu en août, l'indice le calculant ressortant à 80,6, contre 78 attendu par les analystes interrogés par Reuters. Il s'agit de son cinquième mois consécutif de hausse. Au Royaume-Uni, le PIB du deuxième trimestre a été révisé en hausse, à -0,7% contre -0,8% annoncé en première approche. Deux statistiques américaines animeront l'après-midi : les revenus et dépenses des ménages de juillet à 14h30, puis l'indice définitif de confiance du consommateur tel que calculé par l'Université du Michigan pour le mois d'août à 16h00. La Bourse de New York est attendue en hausse dans les premiers échanges, le contrat future sur indice Dow Jones gagnant 31 points à 9.600. Le baril de brut léger américain s'inscrit en hausse de 69 cents à 73,18 dollars, poursuivant le rebond entamé hier grâce à de bonnes statistiques aux Etats-Unis. A l'inverse, le dollar se replie légèrement à 1,4371 pour 1 euro. Plus forte hausse du Cac 40, STMicroelectronics bondit de 9,01% à 5,988 euros alors que Bank of America-Merrill Lynch a relevé son objectif de cours sur le titre de 6 à 7 euros avec une recommandation d'achat. Par ailleurs, Nokia, premier client de STMicro, gagne plus de 3% après la présentation d'un téléphone portable haut de gamme équipé du système d'exploitation Linux. Ce combiné est censé concurrencer les smartphones d'Apple et de Research In Motion. Bouygues s'adjuge 8,77% à 34,935 euros. Le groupe de BTP et de télécommunications a vu son bénéfice net reculer de 19% à 547 millions d'euros au deuxième trimestre. Sur l'ensemble du semestre, le bénéfice s'établit à 547 millions d'euros, en recul de 22%. Ce chiffre est légèrement inférieur aux attentes du marché, qui tablait en moyenne sur 562,2 millions d'euros. En revanche, à 789 millions d'euros (-28%), le résultat opérationnel est supérieur aux prévisions du consensus (716,5 millions en moyenne). Il en va de même pour l'excédent brut d'exploitation et pour le chiffre d'affaires semestriel. Ce dernier recule de 2%, à 14,92 milliards d'euros, contre 14,78 milliards anticipé par Reuters. Après l'avoir légèrement révisé à la baisse en juin, Bouygues revoit aujourd'hui en timide hausse son objectif de chiffre d'affaires annuel. Il table sur 31,5 milliards d'euros de facturations, contre 31,3 milliards auparavant. L'Oréal avance de 6,29% à 68,76 euros. Le numéro un mondial des cosmétiques a annoncé un résultat net de 1,08 milliard d'euros au premier semestre, en baisse de 13,7% sur un an. Ce chiffre est conforme aux attentes des analystes interrogés par Reuters. Le bénéfice d'exploitation a reculé de 8,3% à 1,374 milliard, contre 1,29 milliard anticipé par le consensus. Compte tenu d'un chiffre d'affaires en hausse de 1,4% à 8,77 milliards, la marge d'exploitation ressort à 15,7%, contre 17,3% au premier semestre 2008 et 15,5% sur l'ensemble de 2008. L'Oréal confirme son objectif d'une « amélioration graduelle » de ses ventes et dit aborder le second semestre avec « confiance ». Bank of America-Merrill Lynch a relevé sa recommandation sur le titre de « neutre » à « achat », tandis qu'UBS est passé de « vendre » à « neutre » en portant son objectif de cours de 56 à 66 euros. L'action a terminé sur le cours de 64,69 euros jeudi. Lagardère s'octroie 5,62% à 29,88 euros. Le groupe de médias et de défense a fait état d'une baisse de 27% de son bénéfice opérationnel courant des sociétés intégrées (Résop) à 186 millions d'euros. C'est mieux que ce qu'attendait le consensus des analystes interrogés par Reuters (167 millions d'euros en moyenne). Le résultat net consolidé ressort à 336 millions d'euros, contre 586 millions d'euros un an plus tôt. Une contreperformance qui s'explique par la perte nette consolidée de 258 millions d'euros accusée par le pôle Média, sur fond de morosité du marché publicitaire. Pour 2009, Lagardère confirme ses objectifs, à savoir une variation du résultat opérationnel des sociétés intégrées compris entre « une stabilité et une baisse n'excédant pas 10% ». Carrefour gagne 5,62% à 33,435 euros. Le géant de la distribution a accusé une perte nette part du groupe de 58,1 millions d'euros au premier semestre, contre un bénéfice de 746,5 millions un an plus tôt. Le résultat opérationnel avant éléments non courants recule de 27,6% à 1,01 milliard d'euros. Le chiffre d'affaires diminue de 1,6% à 41,27 milliards. Carrefour confirme ses objectifs annuels, à savoir un résultat opérationnel avant éléments non courants compris entre 2,7 et 2,8 milliards d'euros « si les tendances actuelles de ventes se poursuivent » et la génération d'un cash flow libre d'environ 1,2 milliards d'euros. ArcelorMittal rebondit de 1,91% à 25,65 euros, soutenu par la hausse des cours des métaux à Londres. Le groupe devrait par ailleurs redémarrer la production de son haut fourneau sur le site de Fos-sur-Mer, selon une source syndicale citée par Reuters. Les autres valeurs cycliques sont également recherchées alors que les dernières statistiques reflètent une amélioration de la conjoncture. Alstom reprend 3,03% à 50,05 euros, Saint-Gobain de 1,72% à 31,97 et Lafarge de 1,34% à 59,79. Baisse prévue des investissements industriels en 2009Les industriels français ont encore revu à la baisse leurs prévisions d'investissements en 2009, qui devraient enregistrer une chute record de 21%, selon l'INSEE.
Pour la seule industrie manufacturière, l'enquête trimestrielle de l'Institut national de la statistique (INSEE) prévoit même une baisse des investissements de 23% cette année. Lors de la précédente enquête, réalisée en avril, les industriels français anticipaient une chute des investissements de 18% en 2009 et de 21% pour l'industrie manufacturière, rappelle l'INSEE. Cette révision à la baisse est principalement imputable aux secteurs des biens d'équipements et des biens intermédiaires qui subissent désormais le contre-coup de la crise économique. Merci la prime à la casseEn revanche, les industriels du secteur automobile, qui ont bénéficié de certaines mesures de relance gouvernementale, comme la « prime à la casse », ont révisé à la hausse leurs précédentes anticipations (+6 points). Ils prévoient tout de même une chute de 18% de leurs investissements. Dans l'entourage de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, on estime que cette nouvelle enquête ne fait que confirmer que « l'investissement des entreprises devrait continuer à se replier au second semestre 2009 ». « Les investissements publics du plan de relance prendront le relais pour assurer un redémarrage progressif de l'économie », indique-t-on de même source. Zone euro : la confiance économique continue à se redresserL'amélioration touche particulièrement le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l'Allemagne.
L'indice de confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs de la zone euro s'est redressé en août pour le cinquième mois consécutif, un signe qui conforte les espoirs de reprise après la pire récession qu'ait connue le continent depuis plus de 60 ans.
Cet indice s'est établi à 80,6 points contre 76 points en juillet, représentant une progression de 4,6 points, a annoncé vendredi la Commission européenne. C'est plus que prévu par les analystes interrogés la semaine dernière par l'agence financière Dow Jones Newswires, qui tablaient sur une progression moindre, à 78 points. En juillet, l'indice de confiance économique avait progressé de 2,8 points par rapport à juin (73,2 points). Il avait atteint son plus bas historique en mars (64,6 points).
Dans l'ensemble de l'Union européenne, l'indice de confiance se redresse encore plus, à 80,9 points contre 75 points en juillet, soit une hausse de 5,9 points. L'amélioration dans l'UE est due à une progression de la confiance dans tous les secteurs, indique la Commission européenne. Dans la seule zone euro toutefois, seule la confiance dans le secteur du commerce de détail s'est légèrement détériorée (recul d'un point), alors que le chômage continue à progresser sur le continent. Dans la zone euro, la confiance progresse de 7 points dans le secteur des services, de 4 points dans l'industrie, tandis que l'amélioration est plus marginale dans la construction (1 point). Le moral des consommateurs augmente pour sa part de 1 point. L'amélioration touche également la majorité des pays européens. Parmi les principaux Etats de l'UE, le Royaume-Uni enregistre la plus forte progression ( 9,7 points), suivie par les Pays-Bas ( 7,6 points) et l'Allemagne ( 5,1 points). A noter aussi que l'amélioration en Pologne ( 4,5 points), en Italie ( 3,8 points) et en l'Espagne ( 2,9 points). Le chiffre d'août n'a pas été précisé pour la France. L'indice de confiance dans les services financiers, étudié séparément par la Commission européenne, a pour sa part affiché une croissance de 7 points en août. Ce début d'embellie survient après l'annonce en août d'un retour surprise de la croissance au deuxième trimestre en Allemagne et en France, même si la zone euro est pour l'instant toujours en récession : son activité s'est contractée de 0,1%, et ce pour le cinquième trimestre consécutif. Mardi à Bruxelles, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a mis en garde contre un optimisme prématuré, jugeant qu'une "reprise ferme" n'était pas encore au rendez-vous malgré "des signes encourageants". "L'impact de la crise financière et économique est toujours tangible en Europe et nous avons encore beaucoup à faire", a prévenu M. Barroso. Ainsi, les banques européennes semblent toujours réticentes à ouvrir largement le robinet des prêts. La croissance des crédits au secteur privé a ainsi nettement ralenti en juillet en zone euro, selon des chiffres de la Banque centrale européenne publiés jeudi, ce qui pourrait retarder le démarrage d'une vraie reprise économique. 8月27日 Les exportations françaises d'alcools ont chuté de 25%Les exportations françaises de vins et spiritueux ont chuté de près de 25% au premier semestre 2009 par rapport à la même période 2008 en raison de la crise mondiale. Les exportations françaises de vins et spiritueux ont chuté de près de 25% au premier semestre 2009 par rapport à la même période 2008 en raison de la crise mondiale, selon un communiqué de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) publié jeudi 27 août. Tous les types de vins et de spiritueux sont touchés par cette dégringolade qui a atteint 24,6% à 3,28 milliards d'euros sur les six premiers mois de l'année. Ce résultat "laisse présager une année 2009 en fort recul" pour atteindre un résultat proche de celui de 2004 (7,6 milliards d'euros), selon la FEVS. Cette dernière mise toutefois sur le second semestre, au cours duquel se font généralement l'essentiel des ventes, pour limiter la baisse sur l'année à environ 20%. Produit haut de gamme, le champagne est particulièrement touché, en repli de 41,1% en volume et 45,2% en valeur. Les vins reculent fortement, aussi bien en volume (10,5%) qu'en valeur (19%) à 1,8 milliard d'euros. Les vins AOC sont les plus touchés, en repli de 18,8% en volume et de 24,2% en valeur. Vins de pays En revanche, les produits d'entrée de gamme limitent la casse. Les vins de pays sont en retrait plus modéré de 3,7% en volume et de 0,6% en valeur tandis que les vins de table sont en diminution de 3,4% en volume mais progressent de 1,2% en valeur. Les spiritueux sont aussi en net recul. A 917 millions d'euros, ils enregistrent un repli de 17% en volume et de 20,6% en valeur. Après des années de forte croissance, le Cognac chute de 28,4% en volume et 26,6% en valeur. Les Etats-Unis en net recul Premier marché à l'export, les Etats-Unis sont en "net recul", selon la FEVS qui ne communique pas de chiffres. Dans l'Union européenne qui représente l'essentiel de la baisse des exportations (29,7% en valeur), le Royaume-Uni, principal client, est en repli de 20% en volume et de 28,5% en valeur. La Russie, "marché prometteur", n'est pas non plus épargnée (-17,5% en volume et 40,2% en valeur). Hormis la Chine et Hong Kong, tous les marchés sont en nette baisse. 416 banques américaines en difficulté, selon la FDICLe régulateur bancaire américain a annoncé que le secteur avaient accusé une perte nette de 3,7 milliards de dollars au 2ème trimestre et que 416 d'entre elles étaient en difficulté, du jamais vu depuis 1994. La Compagnie fédérale d'assurance des dépôts bancaires américaine (FDIC) a annoncé jeudi 27 août que les banques américaines avaient accusé une perte nette de 3,7 milliards de dollars au 2e trimestre et que 416 d'entre elles étaient en difficulté, du jamais vu depuis 1994. Le trou est énorme pour les banques de dépôt puisqu'elles avaient dégagé collectivement un bénéfice net de 4,8 milliards de dollars au deuxième trimestre de 2008, précise la FDIC dans un communiqué. La Compagnie, auprès de laquelle sont assurées la quasi-totalité des institutions de dépôts américaines, indique que le total des actifs des 416 banques figurant sur "sa liste des établissements à problèmes", atteignait 299,8 milliards de dollars fin juin. 81 faillites Chargée d'organiser la reprise des banques en faillite, la FDIC a déjà fermé 81 banques depuis le début de l'année, et prévoit que le coût de ces défaillances pour son fonds d'assurance atteigne 32 milliards de dollars cette année. Elle assure cependant qu'elle aura les moyens de faire face à ses engagements. Citée dans le communiqué, sa présidente, Sheila Bair, note malgré tout que la performance de l'activité bancaire réagit avec retard à la situation économique, et relève que malgré les défis qui "persistent", les preuves s'accumulent de ce que l'économie américaine est en train de commencer à croître de nouveau". Niveau de vie: les consommateurs pessimistes changent leurs habitudesLes consommateurs apparaissent toujours pessimistes quant à leur niveau de vie et admettent être en train de changer leurs habitudes de consommation, dans une étude Ipsos réalisée en partenariat avec le magazine spécialisé de la distribution LSA, publiée jeudi.
56% des personnes interrogées estiment ainsi que leur niveau de vie a baissé depuis un an et même "beaucoup" diminué pour 27%, selon cette étude réalisée à l'occasion de Tradexpo, "le salon des produits tendances à prix light" qui se tient du 4 au 8 septembre au parc des expositions du Bourget.
Certes les Français sont moins nombreux qu'en novembre 2008 à ressentir une baisse de leur niveau de vie (56% contre 68%), ils sont plus nombreux (23% contre 14%) à indiquer qu'il stagne.
"Les répercussions de la crise sont donc persistantes et provoquent le sentiment, parmi les Français, d?une nouvelle baisse de pouvoir d?achat, ou au mieux, d?une stabilité après la forte diminution de l?année dernière", souligne l'étude.
Ils sont aussi nombreux à penser que la diminution du pouvoir d'achat s'explique par la hausse des prix (57%, -16 pts) mais aussi la stagnation des salaires (27%, +8 pts).
Et 4 Français sur 5 ne voient pas d'amélioration dans les prochains mois (41% pensent que leur niveau de vie va diminuer, 36% qu'il va stagner).
Dans ce contexte, 49% déclarent renoncer à certains produits qui ne sont pas de première nécessité, 43% ont diminué leurs dépenses de loisirs (+7 pts).
34% disent être allés plus souvent dans les magasins de hard-discount et 58% à le faire autant. "Faire ses achats dans un magasin discount semble donc s?installer dans les moeurs de consommation", souligne l'étude.
Internet est "souvent" ou "parfois" utilisé par 42% des personnes interrogées. Quant aux magasins de déstockage et de démarque, ils sont un "mode de consommation régulier" pour 38% des sondés.
Sondage réalisé les 17 et 18 juillet auprès d'un échantillon de 1.015 personnes représentatif de la population âgée de 15 ans et plus. Le taux de chômage américain réel à 16%, selon un dirigeantUn responsable de la Fed a reconnu que les dégâts de la crise sur l'emploi américain étaient plus forts que ne le suggéraient les chiffres officiels et que le taux de chômage réel atteignait 16%. Un responsable de la banque centrale américaine (Fed) a indiqué mercredi 26 août que les dégâts de la crise sur l'emploi aux Etats-Unis étaient bien plus forts que ne le suggéraient les chiffres officiels, reconnaissant que le taux de chômage réel du pays atteignait 16%. S'il ne fait qu'exhumer des chiffres publiés chaque mois mais passés sous silence par le département du Travail, ce dirigeant, Dennis Lockhart, est le premier membre de la Fed à parler ouvertement du chômage réel au moins depuis l'automne 2008, qui avait vu les destructions d'emplois s'accélérer à un rythme effréné. "Si l'on prend en compte les gens qui voudraient un emploi mais ont cessé d'en chercher un -- les travailleurs découragés, comme on les appelle -- et ceux qui travaillent un nombre d'heures inférieur à ce qu'ils souhaiteraient, le taux de chômage passerait des 9,4% officiels à 16%", a déclaré M. Lockhart lors d'un discours à Chattanooga, dans le Tennessee (Sud des Etats-Unis). Ces deux catégories de personnes sont recensées chaque mois par le département du Travail, chargé de publier les chiffres officiels du chômage. Mais les "travailleurs découragés" sont exclus de la population active et les personnes contraintes de travailler à temps partiel du fait de la conjoncture économique sont comptabilisées comme des personnes employées, ce qui fait que ni les uns ni les autres n'apparaissent dans le taux de chômage officiel. Selon les derniers chiffres du ministère, celui-ci était de 9,4% fin juillet. Les Etats-Unis comptaient alors près de 15,5 millions de chômeurs "officiels", auxquels s'ajoutent environ 9 millions de personnes à temps partiel malgré elles, et près de 800.000 chômeurs "découragés". On pourrait allonger encore la liste avec quelque 1,5 million de personnes non comptées dans la population active bien que disant vouloir un emploi mais n'ayant pas pu en chercher un "activement au cours des quatre dernière semaines". L'amélioration du marché de l'emploi capitale La reconnaissance de l'ampleur réelle du chômage vient rappeler à quel point l'amélioration du marché de l'emploi sera capitale pour l'avenir de l'économie américaine alors que la Fed a identifié la persistance d'un taux de chômage élevé comme l'un des facteurs risquant de freiner le plus fortement, voire d'enrayer, la reprise fragile attendue désormais d'ici à la fin du mois de septembre. Dans son discours de Chattanooga, M. Lockhart, qui dirige l'antenne de la Réserve fédérale à Atlanta, en Géorgie, Etat du Sud du pays durement frappé par la crise, reconnaît que le niveau du chômage est un "défi" mais va jusqu'à parler de "la possibilité d'une reprise sans emplois". Notant qu'il y a peu de chance de voir l'Etat fédéral prendre des mesures de relance budgétaire supplémentaires, sa marge de manoeuvre étant pratiquement consumée par la hausse vertigineuse du déficit, il a dit, autant qu'il semblait le souhaiter, que la détermination affichée par la banque centrale à maintenir longtemps son taux directeur à quasi-zéro était ce qu'il y a de mieux à faire. Pour M. Lockhart, qui vote cette année au Comité de politique monétaire de la banque centrale, "cette politique devrait encourager les entreprises à être plus actives et faciliter des embauches supplémentaires". Mais un peu comme il en va de l'oeuf et de la poule, il estime que "le meilleur remède au chômage est le rétablissement d'une économie saine, équilibrée et croissante". France : les défaillances d'entreprises en hausse de 1,8% en marsLe nombre de défaillances d'entreprises jugées en France au cours du mois de mars a progressé de 1,8% par rapport à février, en données corrigées des variations saisonnières et du nombre de jours ouvrables, a annoncé jeudi l'Insee.
En février, les défaillances avaient baissé de 1,4%, après cinq mois de hausse continue.
Le nombre de défaillances jugées au cours des mois de janvier, février et mars est en hausse de 19,6% par rapport aux mêmes mois de l'année précédente, ajoute l'Institut national de la Statistique.
Le nombre de défaillances jugées au cours des douze derniers mois est également en hausse de 16,2% par rapport aux douze mois précédents, à 52.086 contre 44 814. L'ambition énergétique chinoise se tourne vers le solaireAvec ses 500 MW prévus, la centrale de Baotou, à la frontière sino-mongole, sera la plus grande centrale solaire d'Asie. Un nouveau projet qui témoigne de la volonté chinoise de devenir leader dans la production d'énergie solaire.
La plus grande centrale solaire inaugurée au début du mois en Allemagne n'est en rien comparable au projet mené à Baotou, en Chine. Avec ses 53 MW, l'usine de Lieberose installée sur un ancien site militaire et administrée par Juwi-Gruppe et l'américain First Solar fait pâle figure au regard des 500 MW prévus sur le site de Mongolie intérieure.
Le projet chinois remporté par la société Canadian Solar sera réalisé en trois phases. Tout d'abord, l'installation d'un système de 100 MW fin 2009, puis la construction de deux centrales de 200 MW d'ici à 2011. Une ambition solaire grandissanteJusqu'au début de 2009, les leaders mondiaux de l'énergie solaire étaient portugais, avec la centrale de Moura (46 MW), située à 150 km au sud de Lisbonne et opérée par le groupe espagnol Acciona Energy. Ce leadership aura été de courte durée avec l'inauguration en grandes pompes de la centrale allemande de Lieberose en août. Une hégémonie toute européenne qui risque d'être bien vite oubliée, tant l' Asie et l'Amérique multiplient les projets. L'ambition chinoise, aujourd'hui principal responsable mondial des émanations de dioxydde de carbone dues notamment à ses usines à charbon, se développe sur le marché du solaire. Pékin veut installer 1.000 MW de panneaux solaires, dans le bassin du Qaidam, au nord-ouest de la Chine. Un projet titanesque que seul le projet du groupe Suntech vient concurrencer. Ce dernier a évalué sa production à 500 MW dans la ville de Panzihua, au sein de la province du Sichuan. Enfin, une usine de moindre importance, mais tout de même trois fois supérieure à l'actuel record en terme de puissance, devrait voir le jour dans le sud ouest de la Chine, à Chilin (166 MW). Les Etats-Unis quant à eux n'ont pas non plus voulu se laisser distancer dans la course à l'énergie solaire. Avec l'ambitieux projet californien de "Topaz" , l'Amérique d'Obama installerait une centrale de 550 MW administrée par First Solar. Pour le plus grand bonheur de la planète, une mutation est clairement en train de se dessiner par laquelle les pollueurs se muent en pourvoyeur d'énergie renouvelable. Accor, dans le rouge au premier semestre, envisage une séparation de ses métiersAccor a annoncé des résultats en forte baisse au premier semestre et la mise à l'étude d'une séparation en deux entités indépendantes de ses activités d'hôtellerie et de services prépayés.
Confronté aux effets de la crise de l'hôtellerie, le quatrième groupe mondial du secteur a fait état d'un objectif annuel de résultat avant impôt et élément non récurrents de 400 à 450 millions d'euros sur l'ensemble de l'exercice contre 875 millions l'année précédente. Accor prévoit par ailleurs de porter de 120 à 150 millions d'euros son plan d'économies sur les coûts d'exploitation de ses hôtels filiales et précise que ce plan est déjà réalisé à 50% au premier semestre (72 millions d'euros sur les coûts d'exploitation dans les hôtels filiales et 37 millions d'euros sur les coûts de support). "Compte tenu de la profondeur et de la rapidité des changements à venir, la transformation et le développement des deux métiers vont être accélérés", écrit le groupe dans un communiqué. "Le conseil d'administration a approuvé la proposition de Gilles Pélisson, P-DG, de lancer l'étude de la pertinence d'une séparation des deux métiers en deux entités autonomes ayant leur stratégie propre et les moyens de leur développement", poursuit le communiqué. Sur les six premiers mois de l'année, le résultat courant avant impôt du groupe a accusé un recul de 53,7% (-44,5% en données comparables) à 182 millions d'euros et le résultat brut d'exploitation a chuté de 15,1% (-15,0% en données comparables) à 924 millions d'euros. Le résultat net part du groupe ressort en perte de 150 millions d'euros contre un profit de 310 millions pour la période correspondante de 2008 (dont 130 millions de plus values de cession). Il a été impacté notamment par des dépréciations d'actifs pour un montant de 194 millions d'euros et des charges de restructuration pour un montant de 53 millions d'euros. Si la pondération plus forte de la clientèle loisirs a permis un redressement de la tendance dans l'hôtellerie pendant l'été, Accor précise dans son communiqué ne pas s'attendre "à une amélioration majeure au second semestre". En juillet 2009, le revenu par chambre disponible (revpar) a reculé de 12,7% dans l'hôtellerie haut et milieu de gamme et de 8,5% dans l'hôtellerie économique en Europe contre -19,2% et -9,7% respectivement deuxième trimestre 2009, ajoute le groupe. Dans l'hôtellerie économique aux Etats-Unis, le revpar a reculé de 15,2% sur le mois (-15,7%). Dans les services prépayés, le chiffre d'affaires à périmètre et taux de change constants a augmenté de 0,6% au mois de juillet avec une hausse de 4,4% du chiffre d'affaires opérationnel et une baisse de 21,9% des produits financiers dont Accor relève que le recul amorcé en mai 2009 s'est accentué au début du troisième trimestre. Le groupe confirme s'attendre à une baisse de 25% de ces produits financiers au second semestre et à une croissance légèrement positive du chiffre d'affaire des services prépayés à périmètre et taux de change constants sur l'ensemble de l'année comme il l'avait indiqué à la mi-juillet lors de la publication de son chiffre d'affaire semestriel. Accor avait alors fait état d'un recul de 8,1% de son chiffre d'affaires à périmètre comparable au premier semestre à 3,41 milliards d'euros avec -11,4% dans l'hôtellerie et +5,7% dans les services prépayés. Le groupe a par ailleurs réitéré son objectif d'ouvrir 30.000 chambres nouvelles cette année, après 12.100 au premier semestre. L'affaire Kerviel au théâtre avec Lorànt Deutsch en traderLe comédien Lorànt Deutsch va jouer les traders dans une pièce "librement inspirée" de l'affaire Jérome Kerviel, cet ancien salarié de la Société Générale soupçonné de fraudes ayant coûté 4,9 milliards d'euros à sa banque, a annoncé le service de presse du Théâtre de Nice (TNN). "Le Roman d'un trader", comédie de Jean-Louis Bauer, avec Bernard-Pierre Donnadieu, Helena Noguerra et Christiane Cohendy dans la distribution, sera créée du 23 septembre au 17 octobre au TNN dans une mise en scène du directeur de ce centre dramatique national, Daniel Benoin. Le patron du TNN reprendra dans la foulée, du 27 au 31 octobre, "A.D.A.: L'Argent des autres" de l'Américain Jerry Sterner, pièce qui sera interprétée par Michel Boujenah, Marie-France Pisier et Pierre Vaneck et retransmise en direct sur France 2 fin octobre. Ces deux spectacles constitueront un diptyque consacré à la crise économique, qui sera aussi le thème d'un colloque ("Les artistes et la crise, un an après") au TNN le 12 octobre. "Il m'apparaît impossible de ne pas marquer ce fatal premier anniversaire (de la crise, NDLR), car il me semble que le théâtre est sans doute l'art le plus capable de se pencher sur ce type d'événement et d'en rendre compte avec ses moyens - y compris le rire - en provoquant réflexion et réaction chez le spectateur", écrit Daniel Benoin dans sa note d'intention. "+Le Roman d'un trader+ m'a séduit et c'est cette pièce qui finalement m'est apparue la plus apte à montrer, souvent avec humour, l'incroyable gâchis provoqué par la fin du capitalisme financier", poursuit le metteur en scène. Jérôme Kerviel, 32 ans, est accusé d'avoir dissimulé à la Société Générale des prises de position qui ont atteint 50 milliards d'euros sur les marchés et entraîné une perte de 4,9 milliards d'euros pour la banque. Lorsque la fraude, découverte le 18 janvier 2008 par la SocGen, a été annoncée à la presse, elle a provoqué un séisme sur les places financières internationales. Bilan de 2 ans de crise financièreI - Un Monde chamboulé
Voici deux ans, en juillet 2007, déclenchée par la fermeture de deux fonds de Bear Stearns, la crise du « subprime », latente depuis près d’un an, éclatait au grand jour. Un mois plus tard, la tornade d’août sur les marchés financiers révélait au monde une crise financière d’une ampleur jamais vue depuis les années 30.
24 mois plus tard, le bouleversement affecte profondément tous les recoins de l’économie mondiale. Sur le plan macroéconomique tout d’abord, la crise financière a précipité une récession violente dont les effets sur les finances publiques et l’emploi sont profonds et durables. Un changement radical du modèle de croissance est en cours aux Etats-Unis, tout comme un processus de rééquilibrage de la croissance mondiale, dont la Chine s’annonce comme le principal bénéficiaire. Du côté des acteurs, le chamboulement est total. Certains Etats, comme l’Islande, doivent rebâtir leur système bancaire. Des enseignes centenaires de la finance, comme Lehman Brothers ou Bear Stearns, ont disparu tandis que pour d’autres, la seule solution a été de s’adosser. Les banques chinoises dominent par leur capitalisation une hiérarchie mondiale bouleversée dont sont exclus d’anciens mastodontes européens ou anglo-saxons. La consolidation n’est certes pas terminée, mais s’effectue dans un environnement contraint : car les Etats ont repris la main, désormais omniprésents dans les opérations et même au sein du capital des banques. Banque de financement et d’investissement, gestion d’actifs, capital-investissement ou immobilier : tous les métiers ont dû repenser leurs modèles économiques, conçus au temps de l’argent facile. Certains, comme la titrisation, se cherchent encore un lendemain. Pour tous, produits, stratégies, tarifs, coûts doivent être remis à plat. Le retour à la rentabilité est à ce prix. Quant aux financiers eux-mêmes, l’heure du triomphe est passée. Les licenciements ont été massifs à Wall Street et à la City, et les rémunérations sont sous surveillance. II - Une explosion historique des endettements publics
Les historiens retiendront sans doute comme datation précise d’entrée dans la crise économique et financière qui a secoué le début du XXIe siècle ce mois d’août 2007 au cours duquel les marchés monétaires et interbancaires de la planète furent victimes d’une rupture de liquidité, véritable thrombose financière qui, en l’espace de quelques mois, entraînera à sa suite l’économie « réelle », toute l’industrie comme le commerce mondial.
Du « subprime » à l’industrie Deux ans après, la situation est bien loin d’être rétablie. A l’origine de la crise, le marché immobilier américain dont la bulle avait commencé à se dégonfler il y a trois ans, n’a toujours pas enrayé la chute des prix. Depuis le pic de la mi-2006, ils se sont ajustés de 35 % dans les principales villes des Etats-Unis. Point positif, une telle baisse laisse penser que la fin de la correction du marché n’est plus très éloignée. Cela ne signifie nullement que la purge est terminée sur le plan financier. Les produits de titrisation hypothécaire RMBS (residential mortgage-backed securities) ou CMBS (commercial mortgage-backed securities), portant le fruit de l’endettement incontrôlé des ménages américains comme les prêts subprime, courent encore. Avec la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, la crise s’amplifie d’un coup sur le terrain boursier (les indices s’effondrent et la cause de la chute n’est plus seulement les valeurs bancaires) comme sur celui de l’économie réelle. Dans l’industrie, les entreprises confrontées à d’importants problèmes de trésorerie sont tétanisées. Les projets d’investissements sont annulés et les déstockages massifs se généralisent. L’hiver 2008-2009 est terrible. En quelques mois, la production industrielle mondiale est amputée de 20 % et le commerce mondial se contracte brutalement. En Europe et en Amérique du Nord, les taux d’utilisation des capacités de production s’effondrent et les « output gaps » (écarts par rapport au PIB potentiel) s’ouvrent amplement, annonçant d’importantes pressions déflationnistes. D’habitude en retard sur le cycle, le chômage progresse cette fois rapidement, signe de la flexibilité accrue des économies. Banques centrales et gouvernements à la rescousse Dès août 2007, les banques centrales ont paré à la défiance généralisée des banques et au gel de la liquidité en injectant massivement des liquidités, comme en témoigne le gonflement de leurs bilans. La première année de crise sera une succession de mesures prises pour dégeler les marchés monétaires. La Réserve fédérale et la Banque d’Angleterre baissent à plusieurs reprises leurs taux directeurs. La réactivité des banques centrales est saluée, même si tout est loin d’être parfait. Dans les tout premiers jours de la crise, la Banque d’Angleterre crée un mouvement de panique en refusant de soutenir Northern Rock au nom du principe d’aléa moral. La Banque Centrale Européenne attendra plus d’un an pour se décider à baisser son taux de refinancement. En juillet 2008, elle va même l’augmenter de 25 points de base, prenant par surprise des marchés interloqués et des banques décontenancées. Quant à la Réserve fédérale, il lui sera reproché de ne pas avoir secouru la banque Lehman Brothers et, partant, d’avoir aggravé violemment la crise. Les gouvernements ne sont pas en reste. Plan de soutien aux Etats-Unis, stabilisateurs automatiques en Europe, les déficits publics jouent leur rôle contra-cyclique. Le tout sans grande coordination, c’est la politique du chacun pour soi. Mais fin 2008, les marchés obligataires s’inquiètent des besoins de financement colossaux qui s’annoncent et craignent un nettoyage des dettes par l’inflation quand la crise sera terminée. Les CDS (credit default swaps) et les spreads souverains s’étirent en zone euro début 2009. Sur les marchés financiers, les matières premières vont servir pendant un an de dérivatif aux investisseurs. Des flux spéculatifs ont propulsé les cours du pétrole à plus de 140 dollars le baril. La correction sera brutale. Quant à l’or, « la relique barbare », il retrouve ses vertus de valeur refuge et devient le placement de la peur par excellence. III - Les Etats, ultime recours des acteurs de la finance
Entre prise de risques et rentabilité, les groupes bancaires semblent avoir fait leur choix. Aucun n’ose plus affirmer qu’il pourra dépasser 15 % à 20 % de RoE (« return on equity », rentabilité des capitaux propres). A vrai dire, un seuil avait été atteint en 2005. Dès le début 2007, le ratio de rentabilité de Lehman Brothers s’était dégradé : l’américain peinait à assurer une évolution de ses profits au moins égale à celle de ses activités. Et le lundi 15 septembre 2008 a stoppé net la course aux profits animée par les marchés. Le titre Lehman plonge alors à 21 cents, réduisant la capitalisation de cette institution à 145 millions de dollars - contre 46 milliards six mois plus tôt. C’est la faillite. « On a l’impression que la crise a commencé par le bouquet final », note Rémi Legrand, associé du cabinet Eurogroup. Qui sera le prochain ? C’est la question que toute la planète finance se pose alors. L’assureur AIG est nationalisé, comme auparavant Bear Stearns. Merril Lynch est racheté par Bank of America, Washington Mutual par JPMorgan Chase, Wachovia fusionne avec Wells Fargo… Lehman est finalement partagé entre Nomura et Barclays. Pris dans la tourmente devenue mondiale, le suisse UBS est un des plus touchés. Sa direction a beau affirmer aujourd’hui pouvoir retrouver ses niveaux de rentabilité d’avant 2007 d’ici trois à quatre ans, on peine à le croire tant les effets de la crise sont dévastateurs.
En Europe, les plans de sauvetage se multiplient, des acteurs disparaissent ou sont nationalisés. Bénéficiaires du premier plan britannique, Lloyds TSB prend le contrôle de HBOS, tandis que Royal Bank of Scotland ( RBS) provoque un second plan en annonçant la plus grosse perte de l’histoire d’une entreprise du pays. Des sauvetages en urgence sont annoncés de l’Atlantique à l’Oural. Les aides d’Etat aux banques représentent désormais 1,5 % du produit intérieur brut en France, 2,5 % en Allemagne et 4,6 % en Grande-Bretagne. Investisseurs et clients perdent confiance. « On est passé de la défiance au plan commercial à un manque de confiance sur la pérennité des actifs », remarque Rémi Legrand. Les nationalisations ? Londres avait donné le coup d’envoi avec Northern Rock. Sur le continent, les gouvernements belge, français et luxembourgeois s’unissent pour sauver Dexia... « L’intervention d’un Etat est rassurante », dit le consultant. En France, il est ainsi devenu l’un des principaux actionnaires des banques françaises - jusqu’à 20 % du nouveau groupe Caisse d’Epargne- Banques Populaires. Si, aux beaux jours d’avant-crise, toute l’Europe tendait vers une consolidation transfrontalière, les opérations sont désormais rares. Et ne se font plus sans intervention publique. C’est le cas pour la britannique Bradford & Bingley, sauvée de la faillite par l’espagnole Santander et le gouvernement britannique, comme pour Fortis en partie nationalisée par l’Etat néerlandais tandis que BNP Paribas remporte des morceaux choisis… mais laisse 29,73 % de son capital aux mains des Etats belge, luxembourgeois et français. « Deux ans après le début de la crise, après avoir connu un choc violent, nous ne sommes toujours pas en phase de recomposition, constate Rémi Legrand. La concentration aura lieu, mais il n’y a pour l’instant pas de prix de marché. D’abord parce qu’on ne voit pas encore bien quel acteur s’en sort le mieux, métier par métier. Ensuite parce que le modèle de la banque universelle est réaffirmé, mais que les équilibres entre activités vont être revus au sein des groupes. » La situation mène plutôt aux regroupements de moyens. Au-delà, c’est l’attentisme. IV - La Chine sur la première marche du podium des banques cotées
La crise financière a balayé la hiérarchie mondiale des banques. Ironie du sort, Industrial and Commercial Bank of China, le nouveau numéro un, affiche aujourd’hui quasiment la même capitalisation boursière que Citigroup mi-2007, avant la crise du crédit subprime. La banque chinoise s’est hissée au sommet du podium des banques cotées avec deux de ses compatriotes, tandis que l’ex-géant américain a vu sa valeur en Bourse fondre de 256 milliards de dollars à 14,5 milliards. Tous les déclassements n’ont pas été aussi spectaculaires, mais la capitalisation moyenne des banques du Top 15 a tout de même fondu de 28 % en deux ans, à 108 milliards de dollars. Deux banques de pays émergents, la chinoise Bank of Communications et Itau Unibanco, neé en novembre dernier de la fusion de deux établissements brésiliens, ont fait leur entrée dans le cercle des quinze acteurs les plus importants, avec Credit Suisse et Royal Bank of Canada. En revanche, la britannique Royal Bank of Scotland, la suisse UBS et les italiennes Intesa Sanpaolo et UniCredit sont sorties du classement, dans lequel BNP Paribas reste le seul groupe français représenté.
V - Des modèles économiques revus de fond en comble
Pas un des grands métiers de la finance n’est resté à l’abri des secousses. Les flots de liquidités qui cherchaient à s’investir n’ont pas empêché la gestion, classique comme alternative, de subir une décollecte brutale et massive. Par ailleurs, le tarissement du crédit a ébranlé l’investissement immobilier tout comme le capital-investissement, conséquence, pour commencer, des problèmes des banques nés dans leurs activités de banques d’affaires.
La BFI en déroute Le mal est arrivé par la titrisation. La volonté politique de déréguler la sphère bancaire avait, à partir du début des années 2000, favorisé une croissance vertigineuse de cette technique de transfert des risques. Les déconvenues sont survenues à due proportion dès mi-2007, sitôt que les crédits de type « subprime américain » ont laissé voir leurs failles. L’intrication des montages et les intérêts croisés des acteurs sont alors apparus au grand jour, la visibilité des structures ayant jusque-là largement échappé aux régulateurs du fait de leur caractère non consolidé. L’asymétrie d’informations des investisseurs a également été révélée sitôt que les modèles des agences de notation se sont avérés inopérants pour prévoir l’impact global de la dégradation des crédits subprime sur l’ensemble des tranches des structures. Depuis lors, la défiance perpétue le coup d’arrêt imposé à la titrisation, les seules opérations montées représentant des titrisations « retenues », c’est-à-dire gardées par les banques dans leur bilan faute d’investisseurs pour souscrire les émissions au passif des structures. Ironie de l’histoire, les volumes record de ces transactions sont ceux des refinancements que les banques viennent chercher auprès des banques centrales, les titrisations servant à créer des titres de notation élevée réclamés aux établissements en échange de leurs emprunts. Si les agences de notation sont donc toujours à l’œuvre malgré leur large mise en cause dans la crise, les rehausseurs de crédit (ou « monoline ») ont disparu, ces acteurs n’ayant pas, loin s’en faut, les capitaux suffisants pour honorer les garanties octroyées sur les titrisations. Quant aux titrisations en place, elles subissent les assauts des perspectives de défaut en hausse, depuis que la crise financière a fait sentir ses effets sur l’économie il y a environ un an. A priori toutefois, les ventes d’actifs issus de la titrisation auraient évité les méfaits de la précipitation : lors de la dernière liquidation d’envergure, celle du SIV (structured investment vehicle) Whistlejacket, sponsorisé par Standard Chartered jusqu’en 2008, la décote a somme toute été limitée, à 33 % sur les tranches sécurisées. Par ailleurs, si l’ensemble des banques de financement et d’investissement (BFI) subissent le coup d’arrêt des fusions-acquisitions, les émissions de capitaux résistent assez bien car les entreprises, en quête de ressources, ont procédé à de nombreuses émissions en capital à partir de fin 2007, puis ont eu recours aux obligations, convertibles ou non, depuis fin 2008. La gestion en décollecte La fermeture de plusieurs OPCVM à l’été 2007 a mis le feu aux poudres. La chute des encours a été sévère : elle a atteint 18 % à 48.600 milliards de dollars en 2008 au niveau mondial, après une croissance moyenne annuelle de 12 % entre 2002 et 2007. En Europe plus particulièrement, les désinvestissements ont été massifs : entre mi-2007 et fin 2008, les fonds Ucits (conformes à la directive européenne OPCVM) ont aligné six trimestres consécutifs de décollecte, pour un total de 465 milliards d’euros, d’après l'Efama (European Funds and Asset Management Association). Le premier trimestre 2009 a été aussi le premier trimestre de collecte positive (+22 milliards exclusivement grâce aux produits monétaires) depuis l’été 2007. « La rentabilité de ce métier sera à l’avenir structurellement plus faible qu’auparavant », n’hésite pas à prévoir le dirigeant d’une grande société de gestion française. Déjà, observe le Boston Consulting Group (BCG) dans sa dernière étude sur le secteur, 80 % des asset managers ont vu leurs bénéfices reculer en 2008, mais l’effet sur les revenus de la baisse des actifs gérés ne sera pleinement apparent qu’à la fin de l’année 2009. Pour sa part, le marché des hedge funds, qui avait poursuivi sa marche en avant pendant les premiers mois de la crise financière, a atteint son point le plus haut mi-2008 (à près de 2.000 milliards). La chute n’en a été que plus brutale et de faibles performances (-19 % en moyenne l’année dernière, selon HFR), conjuguées à plus de 250 milliards de désinvestissements concentrés sur le dernier trimestre 2008 et le premier trimestre 2009, ont fait s’envoler près d’un tiers de ses actifs (retombés à 1.330 milliards). Le capital-investissement en souffrance Le financement des LBO (leveraged buy-out) avait commencé à souffrir dès septembre 2007, avec pour conséquences une « renormalisation » des conditions de prêt, financières et juridiques, et la disparition de toute « syndication » autrement qu’en interbancaire et donc dans un climat de grande méfiance. Le montant des LBO avait ainsi chuté de 82 % en année glissante entre juillet 2007 et juillet 2008... Avec la faillite de Lehman Brothers, les ventes forcées de dette LBO par les banques de financement restées « collées », les CLO (collateralized loan obligations) et autres hedge funds, ont précipité le marché secondaire sur ces prêts à un niveau jamais constaté : autour de 60 % de la valeur faciale des prêts LBO, parfois même sur des entreprises saines... Avec le décalage dans le temps, les premières grandes difficultés, en termes de valorisations des actifs, de résultats des entreprises, de défauts de remboursement et aussi de levées de fonds, ne sont apparues que depuis février. Sur un an, les investissements en LBO ont quand même encore été divisés par plus de 4 ! Sous réserve de retrouver de la dette, ils pourraient repartir avec les marchés financiers afin de profiter d’un creux de cycle. Les besoins en fonds propres, notamment en capital-développement, capital-risque et capital-retournement, restent importants, mais l’industrie devra survivre à une explosion des très importantes dettes LBO arrivant à échéance en 2012-2014. L’immobilier s’effondre Après les années fastes, durant lesquelles on investissait tous azimuts, portés par des conditions d’accès à l’emprunt faciles et convaincus d’un gain conséquent à la revente, le retournement de situation a été brutal. Resserrement du crédit oblige, le marché de l’investissement s’est grippé. Alors que le volume des investissements a été divisé par cinq en Europe entre les trois premiers mois de 2007 et le premier trimestre de cette année, passant de 60 milliards d’euros à 12 milliards (voir le graphique), DTZ retient qu’en 2008, les investissements en provenance de l’Asie-Pacifique vers les Etats-Unis ont chuté de 92 %, passant de 13,7 milliards de dollars à 1,2 milliard en un an, que sur la même période, les investissements européens sur le Vieux Continent sont passés de 95,1 milliards de dollars à 48,4 milliards, en recul de 49 %, tandis que les investisseurs nord-américains ont été moins présents en Europe avec un volume d’investissement de 43 milliards de dollars contre 8,6 milliards (-80 %) un an plus tôt. Et 2009 ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices puisque les prêteurs sollicités estiment que les investissements seront inférieurs aux niveaux atteints l’an dernier. 8月26日 Les patrons de LBO ne sont pas épargnés par la crise
Fortement touchés par la crise financière, certains fonds LBO procèdent à des réorganisations en interne. Dans l’Hexagone, c’est le cas de PAI Partners qui, après avoir perdu les 256 millions d’euros investis dans Monier, une ancienne filiale de Lafarge, va remanier son top management. L’actuel président du comité exécutif et un membre du comité exécutif sont sur le départ. Les changements de direction qui vont s’opérer ne relèvent pas du hasard. Ainsi, le président du fonds sera remplacé par un ancien banquier de chez Rothschild & Cie qui avait eu l’occasion de conseiller le fonds sur un grand nombre de transactions dans le cadre de son activité. En outre, certains investisseurs entendent bien profiter de ce remaniement pour réduire leurs engagements dans PAI Partners, en faisant jouer la clause dite de « l’homme clef » qui libère les souscripteurs d’une partie de leurs obligations en cas de bouleversement du management. Les difficultés vont continuer La multiplication de cas de non-respect des covenants bancaires (clauses de rentabilité et de solvabilité) par des entreprises acquises par effet de levier (LBO) a donné lieu à de nombreuses restructurations de dettes, qui devraient encore s’accélérer d’ici la fin de l’année, selon de nombreux analystes. « Compte tenu des premiers chiffres du mois de juin et de la tendance de début juillet, je dirai que l’activité économique touchera un point bas d’ici l’automne mais pour les restructurations, il faudra attendre fin 2009, début 2010 », déclare Christophe Karvélis, associé et cofondateur de Capzanine, un fonds d’investissements français spécialiste du financement mezzanine. Signe encourageant : malgré la chute des investissements, les levées de fonds LBO ont progressé de 28 % au deuxième trimestre 2009, selon l’European Private Equity & Venture Capital Association. Mais la prudence demeure. « L’ensemble des fonds levés sur le premier semestre 2009 reste inférieur de 86 % à ceux du semestre précédent », précise l’EVCA. Chute des prévisions d’embauche des cadres bancairesCeux qui pariaient sur une embellie du marché de l’emploi à la rentrée 2009 en sont pour leurs frais. Le dernier baromètre de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) confirme, en effet, la dégradation du marché de l’emploi chez les cadres au 3e trimestre 2009. Ainsi, tous secteurs confondus, seules 35 % des entreprises interrogées prévoient de recruter au moins un cadre au cours des trois prochains mois. « Ce chiffre est le plus bas jamais atteint depuis la création du baromètre en 2002 », explique Éric Verhaeghe, président de l’Apec. À peine 55 % des établissements financiers et des compagnies d’assurances manifestent leur intention d’embaucher des cadres au 3e trimestre 2009, contre 70 % à la même période en 2008. À la question « pour quelles raisons n’envisagez-vous pas de recruter des cadres ? », les entreprises concernées avancent principalement l’absence de départs (44 %) et la priorité donnée à la promotion interne (de non-cadres en cadres) en cas de vacance de poste (28 %). « Toutefois, dans cette période de crise, les recruteurs ont tendance à être particulièrement pessimistes, relativise Éric Verhaeghe. Ainsi, ils étaient 1 sur 3 au 2e trimestre à vouloir recruter. Dans les faits, ils ont été 1 sur 2 à le faire. Ce décalage entre déclarations et réalisations est à suivre de près dans les prochains mois. » Enfin, pour le seul mois de juillet, la banque et l’assurance ont limité la casse avec respectivement des baisses de 3 % et 17 % du nombre d’emplois confiés à l’Apec, alors que le secteur de la finance-comptabilité accusait une chute de 30 % par rapport à juillet 2008. « Du fait de leur pyramide des âges, la banque et l’assurance continuent d’embaucher », conclut Jacky Chatelain, directeur général de l’Apec. |
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